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Yandex : « En Russie, autoritarisme et autarcie sont les deux piliers de l’espace numérique »

Le « Google russe » va devenir vraiment russe et 100 % « poutinien ». Après des mois de négociations, Yandex NV (YNV), maison mère néerlandaise du moteur de recherche du même nom, le cède pour 475 milliards de roubles (4,8 milliards d’euros) à des investisseurs locaux, dont cinquante dirigeants de la société et le groupe pétrolier Loukoil. L’opération, annoncée lundi 5 février, a reçu le blanc-seing du pouvoir, qui a imposé un rabais de 50 % sur la valeur de l’entreprise, puisque le siège de YNV est au Pays-Bas, « pays inamical » aux yeux du Kremlin.

Depuis la guerre en Ukraine, la séparation était devenue inévitable pour préserver les ambitions internationales de YNV tout en ménageant les intérêts de Moscou, qui compte très peu de pépites comme Yandex, cotée au Nasdaq, à New York. Créé en 1997 par Arkady Volozh en réponse à Google et Yahoo!, le groupe est une des rares fiertés technologiques de la Russie, surclassée par les Etats-Unis et la Chine dans le secteur des grandes plates-formes numériques.

La société russe conservera le moteur de recherche, l’intelligence artificielle, la publicité, l’e-commerce, l’autopartage de véhicules, les taxis, la livraison à domicile et le divertissement. Soit 95 % du chiffre d’affaires, des actifs et des salariés. « C’était la meilleure des solutions possibles », a admis son président, John Boynton. La maison mère, qui devrait se défaire du nom encombrant de Yandex, ne conservera plus que les véhicules autonomes, l’IA générative ou l’informatique sur le cloud.

« Champion national »

Porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a reconnu la durée des discussions, YNV devant surmonter deux contraintes : exclure des acquéreurs sous sanctions occidentales, comme nombre d’oligarques ; et se passer du dollar, ce qui l’a conduit à faire l’opération pour moitié en yuans chinois (et l’autre par échange d’actions). Mais M. Peskov s’est félicité que ce « champion national » poursuive ses activités en Russie.

Et sous haute surveillance. Depuis plus de dix ans, Vladimir Poutine n’a cessé de durcir le contrôle d’Internet. En 2022, YNV avait dû vendre à VKontakte, le « Facebook russe », des activités média chaque jour plus censurées depuis l’invasion de l’Ukraine. A ses yeux, les grandes plates-formes permettent une « domination monopolistique » de l’Occident et « effacent la culture russe ». En Russie, autoritarisme et autarcie sont désormais les deux piliers de l’espace numérique.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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