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En Corée du Sud, la colère des patients après cinq mois de grève du corps médical

Le bras de fer entre le corps médical et le gouvernement sur la question de l’augmentation du numerus clausus épuise les Coréens du Sud. Cent deux organisations, parmi lesquelles l’Association coréenne pour les maladies rares et l’Association des malades du cancer, avaient appelé à manifester à Séoul, jeudi 4 juillet, pour vilipender le mouvement de grève qui secoue le monde médical depuis le mois de février. Les manifestants ont dénoncé « un comportement irresponsable et éhonté qui suscite la peur et l’anxiété chez les malades ».

Kim Jung-ae, 68 ans, dont la fille souffre du syndrome de Cornelia de Lange – à l’origine de malformations – a fustigé les grévistes qui, selon lui, utilisent la vie des gens comme levier dans le conflit entre le gouvernement et le secteur médical : « Les patients veulent simplement être soignés quand ils sont malades. » Cho Eun-hee, 63 ans, atteinte d’un cancer du sein, a déclaré au Korea Times que son traitement et ses examens avaient été reportés de plus de trois mois. « Même si ma situation n’est pas critique, cela m’inquiète beaucoup », a-t-elle expliqué. Dans ce climat de plus en plus tendu, le président de l’Union des patients atteints de cancer du sein, Kwak Jeom-sun, a pressé « instamment les médecins de retourner aux côtés de leurs patients dès que possible ».

Réduire les déserts médicaux

Le conflit est parti de l’annonce, en février, par le gouvernement, d’une augmentation prévue en 2025 du nombre d’étudiants en médecine pour remédier aux pénuries de praticiens, estimées à 15 000 d’ici à 2035, dans un pays au vieillissement accéléré. Cette réforme entend aussi réduire les déserts médicaux alors que les médecins privilégient les grandes agglomérations. Selon une enquête menée en 2020, 58 % d’entre eux citent « l’éducation des enfants » et 53 % évoquent « l’éloignement familial » comme principales raisons de refuser de s’installer en zone rurale. Le projet vise aussi à corriger les inégalités entre spécialités, beaucoup d’internes s’orientant vers les très lucratives chirurgie esthétique et dermatologie, au détriment de la pédiatrie, l’obstétrique ou encore la médecine d’urgence.

Les médecins ont aussitôt dénoncé une réforme pensée sans concertation, susceptible de provoquer un afflux soudain de docteurs mal formés, l’enseignement pâtissant de l’afflux soudain de nouveaux étudiants par ailleurs sélectionnés avec moins de rigueur. Ils ne voient pas la nécessité d’augmenter les effectifs et considèrent qu’ils vaut mieux modifier la répartition des médecins dans une Corée du Sud qui voit certes sa population vieillir, mais également décliner au point de pouvoir chuter à 36 millions en 2072, contre 51 millions aujourd’hui. Comme le système de santé fonctionne sur la rémunération à l’acte, les médecins ont aussi peur de perdre des revenus.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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