AccueilÉconomieEn Finlande, protestation massive contre les remises en cause du modèle social...

En Finlande, protestation massive contre les remises en cause du modèle social et du droit de grève

Plus de 500 avions annulés, des bus à l’arrêt, des écoles et des usines fermées, le courrier bloqué… Depuis mercredi 31 janvier, des pans entiers de l’économie finlandaise sont en suspens, après un appel à la grève lancé par les deux confédérations syndicales, SAK et STTK, contre la réforme du marché du travail et celle des prestations sociales, annoncées par la coalition gouvernementale de droite et d’extrême droite, dirigée par le conservateur Petteri Orpo.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Finlande : l’extrême droite au gouvernement sème la zizanie

Jeudi 1er février, au moins 300 000 Finlandais ont fait grève. A Helsinki, des milliers de manifestants ont convergé vers la place du Sénat, devant la basilique. Ils ont hué le ministre du travail, Arto Satonen (conservateur), venu défendre la politique de son gouvernement : « Depuis dix ans, la Finlande n’a pas connu de croissance et n’a pas créé d’emplois. Le nombre d’entreprises diminue et les sociétés font faillite. Ne rien faire n’est pas une option », a-t-il martelé.

Les Finlandais protestent contre une série de mesures, dont ils estiment qu’elles vont restreindre leurs droits et dégrader leurs conditions de travail. Le gouvernement prévoit notamment de limiter l’exercice du droit de grève, avec une loi sur la « paix au travail », qui veut borner les arrêts du travail à vingt-quatre heures, accroître les amendes pour les mouvements sociaux jugés illégaux et minimiser les marges de manœuvre de l’Institut de médiation, lors de conflits sociaux.

« Grèves excessives et déraisonnables »

Au pouvoir depuis juin 2023, la coalition gouvernementale souhaite également accroître les marges de manœuvre des entreprises, en matière d’embauches et de licenciements. Les compagnies de moins de 50 salariés n’auront plus l’obligation de réembaucher un salarié licencié depuis moins de quatre mois pour pourvoir son poste. Les contrats de travail d’un an seront autorisés, et les entreprises pourront négocier des accords locaux, sans impliquer les syndicats.

Par ailleurs, en cas d’arrêt maladie, le premier jour ne sera plus rémunéré. La plupart des prestations sociales vont être amputées, comme l’indemnité de chômage, l’aide au logement et la rémunération du congé parental. L’aide à la formation des adultes sera supprimée. Selon les calculs des syndicats, les parents isolés pourraient perdre jusqu’à 500 euros par mois.

Enfin, le gouvernement veut aligner les augmentations de salaire, négociées régulièrement par les partenaires sociaux, pour chaque branche, sur celles des industries exportatrices, qui fixeront un plafond. Pour les syndicats, il s’agit clairement d’une remise en question du modèle de concertation sociale, sur lequel est fondé le marché du travail finlandais.

Il vous reste 45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici