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Amazonie: le changement climatique est bien le grand responsable de la sécheresse

Telle est la conclusion d’une étude publiée mercredi 24 janvier par des spécialistes de la science de l’attribution.

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En décembre dernier, les bateaux ne parvenaient plus à remonter le fleuve et ses affluents, coupant l’approvisionnement en eau et en nourriture de plusieurs villages au Brésil. Le bassin amazonien est effet frappé depuis mi-2023 par une sécheresse exceptionnelle en raison de faibles précipitations et de températures constamment élevées tout au long de l’année 2023. L’Amazone a atteint son plus bas niveau depuis au moins 120 ans. La forêt Amazonienne, la plus grande forêt tropicale du monde, mais aussi les 30 millions de personnes qui dépendent du fleuve, sont menacées au Brésil, au Pérou, en Colombie, au Venezuela, en Équateur et en Bolivie.

À l’automne dernier, le ministère brésilien des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation, estimait que cette forte sécheresse était due à l’apparition du phénomène climatique El Niño, qui entraîne des conditions météorologiques extrêmes dans le monde entier. Ce phénomène, qui consiste en un réchauffement d’une partie de l’océan, se traduit le plus souvent par une élévation des températures mondiales et augmente le risque d’événements climatiques extrêmes dans de nombreuses régions.

Sciences de l’attribution

Pourtant, une étude publiée par des spécialistes de la science de l’attribution mercredi 24 janvier vient contredire cette thèse. La science de l’attribution permet de dire à quel point une catastrophe climatique est due au réchauffement de la planète et selon des chercheurs du World Weather Attribution, cette sécheresse exceptionnelle que traverse toute l’Amazonie « est largement due au changement climatique ».

Les scientifiques, venant du Brésil, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne et des États-Unis, ont compilé les données sur le manque de précipitations et celles relatives à l’évapotranspiration, c’est-à-dire toute l’eau qui s’évapore du sol, des rivières et lacs, et de la végétation sous l’effet de la chaleur et d’un soleil mordant. Le résultat, c’est le manque de pluie est causé moitié par le phénomène El Niño, moitié par le changement climatique. Sauf que « le réchauffement climatique est quasiment entièrement responsable du phénomène d’évaporation et d’assèchement », selon l’étude.

Un rapport qui contredit par ailleurs les discours climato-rassuristes qui tentent de minimiser l’impact du changement climatique et donc la responsabilité de l’homme dans cette catastrophe. Et ce sont comme souvent « les petits exploitants, les communautés autochtones et les plus pauvres  » qui en paient le prix fort, notent les chercheurs, qui estiment aussi que « l’exposition aux impacts de la sécheresse a été aggravée par les pratiques historiques de gestion des terres, de l’eau et de l’énergie, notamment la déforestation, la destruction de la végétation, les incendies, la combustion de biomasse, l’agriculture industrielle, l’élevage de bétail et d’autres problèmes socio-climatiques, qui ont diminué la capacité de rétention d’eau et d’humidité des terres ».

Les animaux de la forêt tropicale en danger

Outre la circulation sur les cours d’eau de l’Amazonie et l’agriculture, la production d’électricité est également affectée. « Le vaste système fluvial alimente une partie importante de l’énergie des pays touchés », notent en effet les chercheurs. Le Brésil dépend de l’hydroélectricité pour 80% de son électricité, la Colombie pour 79%, le Venezuela pour 68%, l’Équateur et le Pérou 55% et la Bolivie 32%, selon USAids. Des coupures électriques se sont ainsi produites dès le mois de juin l’année dernière.

Les êtres humains ne sont pas les seuls à souffrir de cette terrible sécheresse. Toute la flore et la faune de cet incroyable hotspot de biodiversité qu’est l’Amazonie est affectée. La plus grande forêt tropicale au monde joue aussi un rôle primordial dans le cycle de l’eau et du carbone à l’échelle mondiale.

Une des conclusions de l’étude est donc de renforcer les plans sécheresses mis en place par les États avec notamment « des systèmes d’alertes précoces » aux institutions et à la population, « des plans d’urgence en cas de sécheresse aggravée, des pratiques durables de gestion de l’eau et des investissements dans des infrastructures résilientes pour faire face aux besoins futurs ».

Car les chercheurs mettent en garde : « À moins que le monde n’arrête rapidement la consommation de combustibles fossiles et la déforestation, ces événements deviendront encore plus fréquents à l’avenir ».

 

Source du contenu: www.rfi.fr

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