AccueilEnvironnementCrise des agriculteurs: des mesures environnementales mises sur «pause»

Crise des agriculteurs: des mesures environnementales mises sur «pause»

Les agriculteurs français, fer de lance de la révolte du monde paysan en Europe, ont levé la plupart de leurs blocages ce vendredi 2 février. La FNSEA et les Jeunes agriculteurs, syndicats majoritaires, avaient lancé un appel en ce sens après la nouvelle salve d’annonces du gouvernement jeudi. Mais cette sortie de crise se fait au prix de l’ambition environnementale. 

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C’est un plan qui vise à réduire l’usage des pesticides de 50% d’ici 2030 par rapport à la période 2015-2017. Il était aussi censé accélérer la recherche d’alternatives aux pesticides qui ont des impacts sur la santé des agriculteurs, la mortalité des abeilles ou encore la pollution des eaux. « Ecophyto 2030 » a finalement été mis sur « pause » par le gouvernement français.

L’exécutif veut mettre ce temps à profit pour trouver un nouvel indicateur de quantification des substances utilisées afin de remplacer le « Nodu » (Nombre de doses unité), qui mesure l’usage des molécules par les exploitants et que contestent des organisations agricoles. Sa remise en cause fait au contraire bondir les associations de protection de l’environnement. Le Nodu a en effet « permis de voir que la France n’a pas rempli ses objectifs depuis près de 15 ans », a estimé Thomas Uthayakumar, de la Fondation pour la nature et l’homme, auprès de l’AFP.

De son côté, le gouvernement assure vouloir simplement « se poser un mois de plus » pour faire en sorte que le plan Ecophyto « soit parfaitement compris, dans le cadre d’un accompagnement et pas d’une punition ». Mais le temps est compté. L’État a jusqu’au 30 juin pour mieux respecter ses trajectoires de baisse de l’utilisation des pesticides. Ordre de la justice administrative, car les précédents plans ont manqué d’efficacité. 

« Zones de non-traitement »

Toujours sur la question des pesticides, le gouvernement compte faire appel dans des procédures concernant les « zones de non-traitement », des aires proches des habitations ou des cours d’eau où l’utilisation des pesticides est proscrite. Cette annonce intervient alors que début janvier, le tribunal administratif d’Orléans a annulé des arrêtés préfectoraux fixant les conditions de mise en œuvre de ces ZNT. Ils avaient été dénoncés par les riverains et des ONG qui jugeaient les conditions trop peu protectrices.

Par ailleurs, Gabriel Attal a visé sans la nommer l’Anses. Il a dit souhaiter « sortir d’une situation où notre agence sanitaire » interdit une molécule de produit phytosanitaire en France avant qu’elle ne soit interdite dans l’UE, comme cela a été le cas pour l’herbicide S-métolachlore.

D’autres mesures de protection de l’environnement ont été remises en cause au cours de cette mobilisation. Au niveau européen, la Commission a proposé en début de semaine d’accorder une dérogation « partielle » aux obligations de mises en jachères imposées par la Politique agricole commune. Il était en effet prévu que les dérogations liées à la guerre en Ukraine prennent fin et que 4% des surfaces agricoles soient « improductives », c’est-à-dire en jachère ou plantées de haies ou de bosquet, par exemple. Jeudi, le Premier ministre français s’est aussi engagé à assouplir les règles imposant aux agriculteurs de maintenir des surfaces en prairies.

Or, prairies et haies sont favorables à la biodiversité. Elles accueillent insectes, vers et autres oiseaux. Des études citées par l’AFP montrent que ces 30 dernières années, les populations d’oiseaux des champs ont chuté de 30% en France. L’intensification de l’agriculture serait la principale cause de ce déclin.

(Avec AFP)

Source du contenu: www.rfi.fr

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