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Questions d’environnement – En quoi le carbone bleu est une solution face au changement climatique?

A l’approche de la journée mondiale de l’océan ce samedi 8 juin, RFI vous explique ce qu’est le carbone bleu et pourquoi il faut prendre soin de ces écosystèmes côtiers.

Les marais salés, les prairies sous-marines et les mangroves — ces forêts de palétuviers qui poussent dans l’eau saumâtre en Afrique de l’Ouest, en Amérique latine et en Asie — font partie de ce qu’on appelle « le carbone bleu ». Ce sont des écosystèmes littoraux, avec de la végétation, qui absorbent et stockent le carbone.

On vous parle souvent du rôle des forêts terrestres qui aspirent le dioxyde de carbone que nous, humains, émettons dans l’atmosphère causant le réchauffement climatique. Ces écosystèmes marins le font encore plus efficacement car « ils le font beaucoup plus vite », nous explique Claire Evans, biogéochimiste au Centre national d’Océanographie au Royaume-Uni.

Ces plantes présentent sur le littoral ou au fond de l’eau près des côtes absorbent le CO2 et s’en servent pour construire leurs tiges, leur corps en quelque sorte. Mais pas seulement. « Quand leurs feuilles ou d’autres parties de leur organisme meurent, ces plantes sont aussi très douées pour enfouir cette matière dans le sol — dans les sédiments comme on les appelle — juste en dessous de là où elles vivent, détaille Claire Evans. Donc, imaginez le lit d’une prairie sous-marine, et bien dessous, il y a encore bien plus de cette matière végétale en décomposition. C’est comme ça qu’elles retirent du carbone de l’atmosphère. »

C’est pour cette raison qu’en Méditerranée par exemple, il faut absolument éviter d’abîmer les herbiers de posidonies, avec l’ancre des bateaux ou en raclant le fond de la mer avec des chaluts.

Un patrimoine pour plusieurs générations

Pour que les mangroves, les marais salés et les herbiers marins nous aident à freiner le changement climatique, il faut qu’on en prenne soin. Or, aujourd’hui, ces espaces naturels sont parmi les plus menacés. Ils souffrent de l’agrandissement des villes sur les littoraux, mais aussi des rejets de l’agriculture qui dégradent la qualité de l’eau qui arrive jusqu’à l’océan. Le risque est important : si on les abîme complètement, ces écosystèmes pourraient libérer dans l’atmosphère tout le carbone qu’ils conservent, ce qui aggraverait la crise climatique.

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Cela dit, beaucoup de populations vivent de ces écosystèmes côtiers. Les mangroves par exemple sont coupées pour avoir du bois de chauffe, on y pêche aussi. Le juste milieu, la solution, c’est d’en faire un usage raisonnable : que les populations locales en utilisent ET préservent les ressources pour que ces espaces et ces ressources perdurent à travers les générations.

En les gardant en bonne santé, ces zones naturelles littorales remplissent leur rôle de refuge, de lieu de reproduction et de nurserie pour beaucoup d’animaux, et notamment les poissons que les humains veulent pêcher. Et cette végétation sert de rempart contre les effets du changement climatique, comme les tempêtes, les inondations ou la hausse du niveau de la mer.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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