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Questions d’environnement – Le monde du foot à l’heure de la transition écologique

A l’heure où le continent africain vibre pour la Coupe d’Afrique des Nations et que le changement climatique s’accélère, le foot est-il prêt à faire sa transition écologique ? Les deux sujets semblent a priori éloignés l’un de l’autre et pourtant, le football est un secteur polluant qui a encore des efforts à faire.

« Entre 80 et 90 % de l’impact d’un évènement sportif est du au déplacement des spectateurs, en avion, très émetteur de gaz à effet de serre, et il faut compter avec Ies déchets dans les stades et en dehors avec l’alimentation et tout le merchandising » estime Michaël Ferrisi, fondateur du site spécialisé Ecolosport.

Lors de la dernière coupe du monde au Qatar, entre la construction des nouveaux stades climatisés, et surtout les dizaines et dizaines de vols chaque jour pour transporter fans, joueurs et matériel, la FIFA estimait que le tournoi devait dégager l’équivalent de 3,6 millions de tonnes de CO2. Des estimations largement sous estimées selon les ONG qui tablaient plutôt sur près de 7 millions de tonnes de CO2, soit autant qu’un pays comme le Mozambique en un an.

Pas de bilan carbone pour la CAN

En Afrique cette année, la compétition est moins importante, mais avec quatre stades flambants neufs et quand même 1,5 million de spectateurs attendus dans les stades en cumulé – selon l’organisation – cela finit par compter. En comparaison, le Qatar avait accueilli 3,4 millions de supporters. À peine un peu plus du double donc.

Difficile d’aller plus loin dans l’analyse : le comité d’organisation de la CAN n’a pas réalisé de bilan carbone. Cela confirme que l’environnement n’est pas encore la considération numéro 1.

En Côte d’Ivoire, le ministre François Albert Amichia, en charge de l’organisation de la CAN, l’a répété avec les slogans : « pensons environnement » et CAN « zéro déchet » mais même si des efforts sont faits, ça n’est pas encore à la hauteur de l’urgence climatique et environnementale.

Ce qui a été surtout été reproché à la CAN cette année, c’est plutôt son sponsor phare : Total Energie.

Des solutions

« Total n’est pas présent sur le foot mondial, européen, américain mais sur la partie africaine, TotalEnergie est très présent » note Michaël Ferrisi d’Ecolosport. « Cela pose un vrai problème puisque la firme, certes investi dans les énergies renouvelables, mais investi quatre fois plus dans les projets pétroliers et gaziers », poursuit-il. L’oléoduc EACOP en Ouganda et Tanzanie, forage en mer en Afrique du Sud ou extraction gazière au Mozambique… « Total vient exploiter les ressources présentes en Afrique, vient polluer le continent et de l’autre côté, vient financer le football africain et se racheter une image. Cela s’appelle du greenwashing et ça anéanti les potentiels efforts que peut faire le football africain. »

Concrètement, les États peuvent agir, mais les équipes de foot ont aussi une marge de manœuvre. L’exemple des Forest Green Rovers, club de troisième division en Angleterre est intéressant. Il fait actuellement référence :  maillots en fibre de bambou, menus végans, transport en train, bière locale et stade en bois… Il a été élu « club le plus écologique du monde ». Mais cela reste un des rares cas d’engagement écologique dans le milieu.

►Liens :

• CAN 2024

• Calendrier et résultats

• Les six groupes de la CAN

Source du contenu: www.rfi.fr

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