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Questions d’environnement – Pourquoi y a-t-il encore autant de climatosceptiques aux États-Unis et dans le monde?

Sans surprise, Donald Trump a remporté la primaire républicaine dans l’Iowa, premier État américain à se prononcer sur la personnalité qui représentera le parti conservateur à l’élection présidentielle de novembre. Donald Trump était le grand favori malgré ses frasques ou ses déboires judiciaires, mais aussi son climato-scepticisme. Comme une large partie de son électorat, le candidat remet en cause la crise climatique actuelle. Pourtant, la science est claire : l’homme est responsable du changement climatique.

Entre les cyclones plus intenses, les feux de forêts géants, les sécheresses ou les inondations plus fréquentes, on voit désormais concrètement les conséquences néfastes du changement climatique sur tous les continents.

Pourtant, en 2023, un tiers de la population mondiale reste dans le déni ou relativise la responsabilité de l’homme dans cette crise, selon un sondage Ipsos. Ce climato-scepticisme a même augmenté de 5% en cinq ans, selon l’institut de sondage, qui note toutefois une stabilisation l’année dernière.

Et dans le « top 3 » des pays les plus climatosceptiques, on retrouve l’Arabie saoudite en tête, puis viennent les États-Unis et l’Australie. Dans ces pays, c’est près d’un habitant sur deux qui remet en cause l’existence du changement climatique. Ce sont aussi trois producteurs majeurs d’hydrocarbures (pétrole, gaz et charbon notamment qui sont les principaux responsables du réchauffement de la planète), et cela n’est pas une coïncidence.

Lobbies pétroliers

En effet, « les groupes de réflexions néo-conservateurs se sont multipliés aux États-Unis depuis la fin des années 1990 notamment », note Albin Wagener, chercheur en analyse de discours notamment environnementaux à l’Université Rennes 2. Ces lobbys, financés en partie par l’industrie pétrolière, ont eu pour rôle de produire des articles dans des revues scientifiques pour remettre en cause le travail des chercheurs et le rôle des énergies fossiles dans le changement climatique.

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« Exactement sur le modèle de l’industrie du tabac », qui finançait des médecins peu scrupuleux qui juraient que la cigarette n’était pas nocive pour la santé, résume le sociologue.

Peur du changement

Et « cela a été depuis bien documenté » explique-t-il. Mais il estime aussi qu’il y a une raison plus profonde qu’un simple intérêt économique, pour expliquer ce qui semble être un paradoxe : face aux catastrophes climatiques, le déni progresse. « Ces effets du réchauffement climatique sont effrayants et l’un des premiers réflexes quand on a peur, quand on est effrayé ou inquiet, c’est d’aller vers des réflexes plutôt conservateurs. On se dit « j’ai trop peur, c’est trop gros pour moi, je préfère me dire que ce n’est pas vrai ». C’est du déni, l’un des premiers stades du deuil. Le deuil du monde actuel qui est en train de se terminer. C’est une phase inéluctable. »

Ce discours climatosceptique rencontre un fort écho dans les milieux d’extrême droite et conservateurs, car « l’extrême droite a toujours su exploiter les crises et ce qui fait peur dans nos sociétés » en évolution, estime Albin Wagener. Le repli identitaire va donc de pair avec le climatoscepticisme. C’est rassurant d’une certaine manière de se dire : « On va tout fermer et pouvoir retourner à la vie d’avant », même si c’est faux et complètement illusoire.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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