AccueilEnvironnementQuestions d'environnement - Réchauffement climatique: à quoi la France va-t-elle devoir s'adapter?

Questions d’environnement – Réchauffement climatique: à quoi la France va-t-elle devoir s’adapter?

Le ministre français de la Transition écologique, Christophe Béchu, reçoit ce mardi 23 janvier des experts et des élus pour lancer le processus qui aboutira dans quelques mois au nouveau Plan national d’adaptation au changement climatique. Une feuille de route capitale pour préparer les entreprises, les particuliers et les territoires à s’adapter aux effets d’un climat plus chaud de quatre degrés d’ici à 2100.

C’est le monde vers lequel nous allons : trois degrés de réchauffement en moyenne à l’échelle mondiale par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui veut dire quatre degrés de plus en France.

Il est crucial de continuer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour freiner le réchauffement climatique. Mais ce que nous avons déjà envoyé dans l’atmosphère a déjà des effets sur le climat en France : températures en hausse, fonte des glaciers, montée du niveau des mers, sécheresses, pluies plus violentes et inondations… Et cela va s’intensifier car il y a un décalage dans le temps entre les émissions et les effets sur le terrain. C’est pour cette raison que la France va devoir adapter de très nombreuses activités, et ce dès les prochaines décennies.

50 degrés à Paris

Face à l’avancée de la mer, certaines communes littorales, en Nouvelle Aquitaine ou en Normandie par exemple, déplacent déjà des activités économiques, il faudra relocaliser des habitants. En ce qui concerne les infrastructures, il faut se préparer au fait que certains trains ne pourront plus circuler lors des pics de chaleur car les rails vont gonfler.

En matière d’énergie, s’il y a moins d’eau dans les rivières à cause de la sécheresse, les barrages hydroélectriques ne peuvent plus produire comme avant, il y a des problèmes pour refroidir les centrales nucléaires. Il faudra donc sans doute réduire la consommation énergétique lors de ces épisodes. Par quels mécanismes ? Comment garantira-t-on l’énergie pour les hôpitaux ?  Dans les villes, quels dispositifs va-t-on développer pour protéger les plus vulnérables qui sont les personnes âgées et les enfants lorsqu’il fera 50 degrés à Paris ?

À lire aussiRéchauffement climatique: ces communes françaises qui ne trouvent plus d’assureur

La liste des études à mener et des décisions d’adaptation à prendre est longue. Et certains territoires devront même repenser leur modèle économique. C’est le cas des régions de montagne où la neige va devenir un souvenir. « À l’horizon 2050, quasiment aucune station de ski ne pourra s’en sortir compte tenu de la baisse de l’enneigement prévue en l’état des choses. On voit déjà cette tendance pour de nombreuses stations de moyenne montagne mais à l’avenir personne ne sera épargné, explique Sandra Lavorel, chercheuse au CNRS et spécialiste de l’écologie alpine. Cela remet complètement en question le modèle touristique fondé sur une économie de la neige. » La scientifique estime que tout n’est pas perdu pour autant : « La montagne va devenir encore plus attractive l’été puisqu’il fera très chaud en plaine. On le voit déjà, la demande touristique de montagne l’été augmente lors des épisodes de fortes canicules. »

Résilience et culture du risque

L’agriculture aussi va devoir se transformer. Comment cultiver avec moins d’eau ou à l’inverse dans des zones qui seront inondées de manière répétée comme dans le Nord-Pas-de-Calais ? Les solutions d’adaptation existent – remettre des haies, pailler le sol, diversifier les cultures – mais, comme dans les autres secteurs, il faut planifier ces transformations majeures dès aujourd’hui et tous ces changements nécessiteront des moyens financiers et humains considérables.

Faire des choix d’aménagement, développer une culture du risque, pousser les entreprises à définir leurs stratégies en fonction des projections climatiques, le défi est de taille mais l’enjeu l’est aussi : il s’agit de sauver des vies lors des événements météo extrêmes et de garantir la résilience de l’économie française.

Et cette question est mondiale. Les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ont d’ailleurs décidé de mettre l’accent sur l’adaptation dans leur prochain cycle de rapports, signe que l’adaptation de nos sociétés aux nouvelles réalités liées au réchauffement de la planète marquera les décennies à venir.

À lire aussiCamille Etienne (justice climatique): «Il n’y a pas en France une forme de décroissance énergétique»

Source du contenu: www.rfi.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici