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Reportage France – À Peyrolles-en-Provence, une des plus grandes centrales photovoltaïques flottante d’Europe

Mise en service en décembre 2021, la centrale photovoltaïque de Peyrolles-en-Provence (13) a la particularité d’être flottante, ce qui en fait une des plus grandes d’Europe. Étendue sur 12 hectares, elle permet à la commune de produire plus d’électricité qu’elle n’en consomme.

Pendant longtemps, la bordure nord-ouest de la petite commune de Peyrolles-en-Provence (Bouches-du-Rhône) abritait une carrière gravière. Puis les machines se sont arrêtées et la carrière a été désertée. Laissant une surface creuse de 40 hectares.

Aujourd’hui, cet espace est devenu un vaste bassin sur lequel flottent 12,6 hectares de panneaux solaires. « C’est la fierté de notre commune », sourit Olivier Frégeac, maire de Peyrolles. Et pour cause, cet emplacement « qui n’avait plus d’utilité » est venu servir la transition énergétique sans rogner les terres agricoles. Un point important pour cette commune marquée par ses forêts et milieux semi-naturels. En plus de préserver des terrains fertiles, la centrale n’altère pas le paysage, affirme le maire. « Le parc est implanté au niveau de la nappe phréatique, à 2 ou 3 mètres sous le niveau des terres agricoles. La centrale ne dépasse pas les perspectives paysagères de la plaine de la Durance. » Pour cette raison notamment, le projet a été adopté à la majorité par les conseillers municipaux.

De l’électricité pour 6 400 foyers

Les 43 776 panneaux photovoltaïques qui composent la centrale sont reliés entre eux, tous sont fixés sur des structures métalliques, elles-mêmes reliées à des flotteurs. Le tout, près des berges. « Le reste n’est que raccordement pour que l’électricité produite soit reliée au réseau », explique Rémi Buissonnier, coordinateur Développement territorial chez Boralex, gestionnaire de la centrale. « Le parc fait partie des cinq plus grosses centrales flottantes d’Europe. »

Équipé d’un casque et d’un gilet de sauvetage, Rémi Buissonnier déambule entre les milliers de panneaux sur des flotteurs aussi larges que stables. Exposé plein sud, le parc a été pensé pour bouger : « Le niveau de l’eau peut fluctuer et il peut y avoir des vents forts, donc la centrale doit pouvoir s’adapter. » Pour protéger la biodiversité présente sur les berges, la centrale a été fixée par le bas, lestée en profondeur par des blocs de béton.

Chaque année, la centrale produit 14,7 mégawatt-crête (MWc), soit la consommation de 15 000 personnes, ou 6 400 foyers. « C’est trois fois plus que la population de Peyrolles !, salue le maire. On peut donc dire que Peyrolles est une commune à énergie positive puisque nous produisons plus que nous consommons ! » Le surplus d’énergie sert à alimenter les communes voisines.  « Une fierté » pour ce maire, régulièrement sollicité par d’autres communes et opérateurs pour visiter le site, et s’en inspirer.

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Des recettes pour la commune

Techniquement, ce parc flottant coûte plus cher qu’un parc photovoltaïque classique, « entre 15 et 20 millions d’investissements au total », précise Rémi Buissonnier. À l’année, le parc, notamment sali par la présence de goélands, nécessite aussi un nettoyage plus fréquent. Des implications assumées par le maire au vu des bénéfices en termes de terres agricoles préservées et d’intégration dans le paysage.

Les coûts seront aussi amortis par le temps puisque Boralex a signé un bail d’exploitation de 30 ans. « La performance des panneaux chute d’environ 0,3% par an, c’est peu. Mais dans 30 ans, avec cette dégradation, même petite, et les évolutions technologiques, le parc, s’il est maintenu, sera renouvelé », détaille Rémi Buissonnier.

Concrètement, pas de changement direct pour les habitants et habitantes de Peyrolles pour qui le montant de la facture d’électricité ne réduit pas. Mais la centrale augmente les recettes de la commune qui touche un loyer en échange de l’exploitation du site. « Indirectement, cela revient donc à la population, explique le maire. L’année dernière, ces loyers ont notamment permis de limiter la hausse des impôts. »

Source du contenu: www.rfi.fr

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