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Evguénia Berkovitch, condamnée à Moscou à 6 ans de prison à cause d’un spectacle, veut «continuer à se battre»

La metteuse en scène, qui a été condamnée en même temps que la dramaturge Svetlana Petriïtchouk, n’entend rien céder devant le régime de Vladimir Poutine.

«On continuera à se battre», a écrit Evguénia Berkovitch dans une lettre publiée mercredi sur les réseaux sociaux. L’artiste russe a été condamnée lundi avec la dramaturge Svetlana Petriïtchouk à six ans de prison pour une pièce de théâtre. Evguénia Berkovitch a promis de poursuivre son combat, dans une affaire illustrant la répression exacerbée en cours en Russie.

«La vie n’est pas terminée. La prison n’est pas une tombe», déclare-t-elle dans sa lettre, espérant une réduction de peine voire une annulation du verdict par une juridiction supérieure. «Tout est infini jusqu’à ce que ce soit fini», a affirmé la metteuse en scène. Elle a aussi indiqué qu’elle essayait de ne pas avoir «de sentiments pas très chrétiens» à l’égard «de différentes personnes» responsables du verdict.

Le procès de «plus grande absurdité»

Svetlana Petriïtchouk, elle, a qualifié le procès de «plus grande absurdité jamais vue dans la vie comme dans l’art», dans sa dernière prise de parole au tribunal, diffusée mercredi par son mari sur Telegram. Réputées dans le milieu du théâtre russe, Evguénia Berkovitch, 39 ans, Svetlana Petriïtchouk, 44 ans, incarcérées depuis mai 2023, étaient accusées d’«apologie du terrorisme» pour une pièce de théâtre montée en 2020.

Ce spectacle, Finist, le clair faucon, racontait l’histoire de femmes russes entrées en contact sur internet avec des islamistes en Syrie et partant les rejoindre pour les épouser. Avant son arrestation, Evguénia Berkovitch s’était publiquement prononcée contre l’offensive en Ukraine, notamment en publiant des poèmes contre la guerre. Beaucoup ont lié son arrestation à cette prise de position. En mai, lors du 77e Festival de Cannes le metteur en scène russe Kirill Serebrennikov avait dénoncé un emprisonnement injustifié: «Elles n’ont absolument rien fait de mal, elles ont juste monté un spectacle et ça fait déjà un an qu’elles sont en prison.»

L’organisation Human Rights Watch a dénoncé des «accusations totalement absurdes dans le cadre d’un procès inéquitable et constituant des représailles flagrantes». Depuis le début de l’assaut contre l’Ukraine, en février 2022, la répression frappe toutes les voix dissidentes. L’épuration frappe aussi les milieux culturels, sommés de se plier au discours patriotique et militariste du Kremlin.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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