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« Il faut répartir le temps d’exercice de la parentalité de façon plus équilibrée dès les premiers jours de l’enfant »

Le 16 janvier, le président de la République nous a surpris avec le projet faussement ambitieux d’un « réarmement démographique » visant à « débloquer les freins économiques et sociaux au désir d’enfant ».

Plusieurs organisations féministes se sont, à raison, émues du choix des mots qui accompagnent cette politique nataliste. Au-delà d’une vision questionnable et rétrograde de la natalité, ce projet est marqué par l’invisibilisation et la méconnaissance totale des enjeux de discrimination salariale liée à la grossesse.

L’une des mesures phares du « réarmement démographique » est l’introduction dans le code du travail d’un « congé de naissance », en remplacement du congé parental actuel. Aujourd’hui, le congé parental permet aux salariés de suspendre leur contrat de travail jusqu’aux 3 ans de leur enfant. Le nouveau congé de naissance serait d’une durée plus courte (six mois) mais en contrepartie d’une rémunération plus importante.

Des discriminations majeures

Cette mesure ne peut qu’étonner par sa méconnaissance des enjeux réels de la maternité sur les carrières des salariées. Envisager la baisse temporaire de salaire durant le congé parental comme le principal frein au désir d’enfant, c’est refuser de voir que les femmes subissent encore des discriminations majeures du fait de leur grossesse, sur le marché du travail comme en entreprise.

Le 15 janvier 2023, Oxfam nous rappelait ainsi que les femmes gagnent encore en moyenne 28,5 % de moins que les hommes. Les emplois à temps partiel sont quant à eux occupés à 76 % par des femmes. Cette surreprésentation des femmes dans les contrats atypiques n’est pas le résultat d’un choix. Elle s’explique par le fait que les femmes continuent d’assurer majoritairement l’ensemble des tâches domestiques, alourdies par l’arrivée d’un enfant : c’est le fameux « Second Shift » [la « deuxième journée de travail », constituée par les tâches domestiques à faire lorsque les femmes rentrent chez elles] décrit par la sociologue Arlie Russell Hochschild.

Le cercle vicieux se met rapidement en place : absorbées par la charge mentale de la maternité, les femmes se retrouvent souvent contraintes d’annuler des réunions, d’adapter leur calendrier professionnel puis de se tourner vers les emplois à temps partiel. L’employeur à son tour leur confie moins de responsabilités, anticipe l’arrivée du deuxième enfant et met doucement en place le plafond de verre.

Carrière professionnelle en danger

La clé de voûte de ce système discriminatoire est l’inégale répartition des congés entre conjoints. Le congé de maternité est aujourd’hui de seize semaines dont huit obligatoires.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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