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A Berlin, Gabriel Attal travaille sa stature internationale et installe son duel avec Jordan Bardella aux européennes

Il s’isole sur un palier, entouré d’une grappe de conseillers. Gabriel Attal vient de s’adresser à la communauté française de Berlin, dans un salon de l’ambassade de France, proche de la porte de Brandebourg. Avant de rejoindre la chancellerie, où l’attend Olaf Scholz, il est briefé sur la cérémonie militaire. Son aide de camp lui montre un plan de l’esplanade du Bundeskanzleramt, ainsi qu’une vidéo détaillant ce rite de passage obligé pour chaque chef d’Etat ou de gouvernement étranger reçu dans la capitale allemande. Surtout ne pas se tromper, comme François Hollande, en 2012, qui avait ostensiblement été remis dans le droit chemin par Angela Merkel, ce qui avait suscité quelques railleries.

« Paré ? », l’interroge un diplomate, d’un ton léger, à l’issue du brief. « Oui, enfin, c’est ma première ! Et donc si je pars à droite au lieu de partir à gauche, ce ne sera pas trop grave non plus ! », répond Attal d’un ton sec, tendu. Control freak (maniaque du contrôle), le plus jeune premier ministre de la Ve République déteste les improvisations et les faux pas. Quand le chancelier l’accueille enfin, à la nuit tombée, Attal lui glisse : « Je vous préviens, ce sont mes premiers honneurs militaires… » Scholz rit : « Tout va bien se passer, vous verrez. » A l’issue de la cérémonie, le premier ministre lance à son cabinet, soulagé : « J’étais stressé mais j’ai tout bien fait ! »

Moins d’un mois après son arrivée à Matignon, Gabriel Attal a choisi Berlin pour sa première visite à l’étranger, lundi 5 février. Une célérité inhabituelle. Ses prédécesseurs ne s’étaient pas pressés. Elisabeth Borne était venue six mois après sa nomination, Edouard Philippe avait attendu quatre mois, Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault six mois. Jean Castex, lui, n’avait pas fait le voyage. « Ça n’a pas été toujours le choix de mes prédécesseurs que de choisir l’Allemagne et, lorsqu’ils l’ont fait, cela a mis un peu de temps », a-t-il souligné face aux quelque 250 invités venus l’écouter à l’ambassade. Une geste présidentielle, alors qu’en France, le chef de l’Etat, à peine élu, choisit traditionnellement Berlin comme première destination internationale, afin de montrer le prix qu’il accorde au couple franco-allemand.

Réussir « un sursaut franco-allemand »

Celui-ci, ces derniers mois, a été mis à rude épreuve. Lors de sa conférence de presse conjointe avec Olaf Scholz, Gabriel Attal ne s’en est d’ailleurs pas caché. « Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est vrai », a-t-il noté, alors que France et Allemagne s’opposent sur plusieurs dossiers : énergie, défense, aide à l’Ukraine, traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, plébiscité par les Allemands, alors que les Français y sont hostiles… « Ma conviction, c’est que ce qui nous rassemble est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare », a-t-il aussitôt ajouté. A l’ambassade, il a été encore plus clair : « Nous devons réussir un sursaut européen. Et ce sursaut européen sera un sursaut franco-allemand. »

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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