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Cancer de Charles III : «On pourrait imaginer une régence douce avec le prince William»

ENTRETIEN – Si son état devait empirer, une forme de régence «douce» pourrait se mettre en place, explique Robert Hazell, professeur au département de la Constitution de University College of London (UCL).

À peine un an après le début de son règne, le roi Charles III est atteint d’un cancer, a déclaré lundi 5 février dans un communiqué le palais de Buckhingham. La maladie aurait été découverte à l’occasion du séjour à l’hôpital du roi une semaine plus tôt pour subir une opération de la prostate. Robert Hazell, professeur spécialiste de la Constitution à l’université de UCL, co-auteur d’un état des lieux de la monarchie britannique publié en avril dernier, explique ce que la loi prévoit en cas de maladie grave du monarque.


LE FIGARO. – Le roi Charles III a annoncé lundi soir être atteint d’une forme de cancer. Quelles sont les conséquences de cette annonce pour la Couronne britannique ?

Robert HAZELL – À première vue, aucune. Il reste roi et le restera jusqu’à ce qu’il devienne formellement incapable d’exercer les fonctions royales. Dans ce cas, une régence serait alors déclarée et l’héritier présomptif, le prince William, deviendrait régent. Le régent est une sorte de roi par intérim qui dispose des mêmes pouvoirs que le monarque.

La dernière régence remonte au début du 19e siècle, lorsque quelqu’un que nous connaissons tous sous le nom de «prince régent» a occupé cette fonction pendant près de dix ans, de 1811 à 1820, car son père le roi George III était devenu fou.

Une régence ne peut être déclarée que si le monarque est, selon la législation, incapable d’exercer ses fonctions royales en raison d’une infirmité de corps ou d’esprit. Et cela doit être formellement certifié par trois des cinq juristes et hommes politiques les plus expérimentés, y compris la reine Camilla. C’est la limite constitutionnelle si le roi devient inapte à remplir ses fonctions. Espérons que nous n’en arriverons pas là.

Existe-t-il une étape intermédiaire ?

Ce qui devrait commencer à se produire, c’est ce que l’on pourrait appeler une régence «douce», où l’on ne parle pas officiellement de régence parce que le roi n’est pas trop atteint, mais où d’autres membres importants de la famille royale commencent à assumer certaines de ses fonctions, car il y a très peu de choses que seul le souverain puisse faire. Toutes les apparitions publiques peuvent être faites par n’importe quel membre de la famille royale.

Par exemple, il y a une procession très régulière d’ambassadeurs qui, lorsqu’ils arrivent, sont invités au palais pour se présenter. Le prince William ou un autre membre de la famille peut facilement s’en charger. De même, la plupart des réunions publiques et privées du roi, même son audience hebdomadaire avec le premier ministre, ne doivent pas nécessairement se produire avec le monarque. Là aussi William pourrait s’en charger, ce qui serait une bonne chose pour se préparer à devenir roi.

L’ouverture du Parlement peut également être déléguée, comme nous l’avons vu lors des dernières années de la vie de la reine, qui avait de plus en plus de mal à se déplacer. Une partie de la cérémonie d’ouverture du parlement consiste à lire le programme du gouvernement à la Chambre des Lords : c’est ce que l’on appelait le discours de la reine. Mais à la fin de sa vie ce discours avait été prononcé par le prince Charles en son nom.

Quels sont les pouvoirs qu’il ne peut pas déléguer ?

La liste est assez courte. La nomination des ministres, et l’approbation royale des lois votées par le Parlement. Mais c’est avant tout de l’administratif : tant que Charles peut continuer à signer des documents d’État, il peut remplir les fonctions de la monarchie. Il n’est pas obligé d’apparaître. Il y a d’ailleurs eu une longue période pendant laquelle la reine Victoria n’est pas apparue en public après la mort de son mari, le prince Albert, car elle était en deuil.

Le roi George VI a lui aussi été atteint d’un cancer, mais la maladie a été soudaine et très grave. Il fumait beaucoup et a fini par mourir de ce cancer du poumon. La reine Elisabeth se trouvait alors en Afrique, et a dû rentrer précipitamment.

Entre la maladie de son père et la convalescence de son épouse la princesse Kate, le prince William est placé dans une situation délicate…

Une grosse pression pèse sur le prince William mais lorsque l’heure est grave, nous savons que la famille royale fait toujours passer son devoir public avant toute préoccupation privée. C’est une famille très consciencieuse. La reine a longtemps donné l’exemple en faisant passer son devoir public en premier, le roi Charles a suivi les traces de sa mère et je m’attends à ce que le prince William suive le même exemple. Je pense qu’il n’y a absolument aucun risque pour la monarchie et qu’au contraire, la maladie du roi suscitera un élan d’empathie et de soutien de la part de l’opinion publique.

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