AccueilInternationalEn Chine, peine de mort avec sursis contre l’écrivain australien Yang Jun

En Chine, peine de mort avec sursis contre l’écrivain australien Yang Jun

Un policier chinois monte la garde devant l’ambassade d’Australie à Pékin, le 5 février 2024.
PEDRO PARDO / AFP

Alors que les relations entre Pékin et Canberra semblaient s’être apaisées en 2023, la peine avec sursis prononcée contre Yang Jun annonce un nouveau coup de froid.

La décision a été reçue comme un coup de massue en Australie : l’un de ses ressortissants, l’écrivain Yang Jun, a été condamné à mort avec sursis par un tribunal chinois, a annoncé Canberra lundi. Pékin l’accuse d’espionnage, une attaque qu’il conteste. Les relations sino-australiennes étaient pourtant placées sous le signe de la détente depuis fin 2023, après plusieurs années de crispation.

La Chine a confirmé quelques heures plus tard l’information, lors d’un point de presse d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Ce type de condamnation est généralement converti en emprisonnement à perpétuité après deux ans sous les verrous, sous réserve de bonne conduite. Les avocats de l’écrivain ont jusqu’au 15 février pour faire appel.

« Persécution politique »

Yang Jun, aussi appelé Yang Hengjun, est un écrivain d’origine chinoise de 58 ans qui a obtenu la nationalité australienne en 2002. Parti vivre aux États-Unis avec sa famille, il a été arrêté en 2019 lors d’un passage en Chine pour atteinte à la « sécurité nationale ». Il a été traduit devant les tribunaux chinois deux ans plus tard, en mai 2021, pour un procès à huis clos, à l’issue duquel aucun jugement n’a été rendu public.

Des soutiens de l’écrivain ont dénoncé une « persécution politique ». Avant de devenir australien, Yang Jun était un diplomate chinois, réputé pour ses vues en faveur d’une démocratisation de son pays. «Il est puni par le gouvernement chinois pour ses critiques des violations des droits de l’homme en Chine et son plaidoyer en faveur de valeurs universelles telles que les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit», a affirmé à la BBC un de ses amis, le professeur Feng Chongyi de l’Université de Technologie de Sydney. Auteur de romans d’espionnage, Yang Jun écrivait aussi dans son blog en langue chinoise sur les affaires intérieures de la Chine, mais sans critiquer directement le gouvernement.

Réveil des tensions

En toile de fond, se joue surtout un nouvel affrontement diplomatique entre Pékin et Canberra. Depuis le milieu des années 2010, les relations sino-australiennes sont en dent de scie. Les deux capitales s’accusent régulièrement de violations des droits humains ou de menaces contre leur sécurité intérieure.

Concernant le commerce, les deux pays alternent entre échanges privilégiés et coups bas. En 2020, près de la moitié des exportations australiennes partaient vers la Chine. Mais après la demande, par l’Australie, d’une enquête internationale sur l’origine du Covid-19, détecté pour la première fois en Chine, les rapports se sont tendus. Fin 2020, le gouvernement chinois a annoncé des sanctions sur plusieurs produits australiens.

L’année 2023 a laissé entrevoir un apaisement. En novembre, pour la première fois en sept ans, un premier Ministre australien, Anthony Albanese, s’est rendu en Chine. Un mois plus tôt, la journaliste australienne Cheng Lei avait été relâchée d’une prison pékinoise. Elle était emprisonnée depuis trois ans, elle aussi, pour atteinte à la « sécurité nationale ». Sa libération avait entraîné un regain d’optimisme pour la sentence à venir de son compatriote.

L’annonce de la condamnation de Yang Jun a été «très difficile à entendre», a déclaré la journaliste. «J’espère qu’il aura bientôt des visites familiales et qu’il recevra toute l’aide possible du gouvernement australien.»

Lors d’une conférence de presse lundi après-midi, la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a indiqué que «le gouvernement australien était effaré par cette décision» et qu’il répondra «dans les termes les plus forts». Elle a également annoncé la convocation de l’ambassadeur de Chine en Australie pour une explication.

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