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En Equateur, les pouvoirs accordés à l’armée contre les gangs suscitent des doutes

Les homicides sont à la baisse en Equateur. De source officielle, leur nombre est passé en trois semaines de 27,8 homicides par jour à 10,6. « Nous sommes engagés dans une guerre non conventionnelle », a rappelé le président, Daniel Noboa, en visite officielle en Espagne, le 24 janvier. Le 8 janvier, le jeune chef de l’Etat décidait de déployer l’armée pour venir à bout des gangs liés aux mafias de la cocaïne. Efficace sur le court terme, la militarisation de la lutte contre la criminalité est largement soutenue par la population, les responsables politiques et Washington. Mais elle fait débat.

Le 7 janvier, la fugue d’un chef de gang provoquait une flambée de violence et de panique dans le pays. Un groupe de jeunes cagoulés et fortement armés faisait irruption, en direct, sur le plateau d’un journal télévisé dans la grande ville côtière de Guayaquil. Le président, Daniel Noboa, décrétait alors que son pays vivait « un conflit armé interne ». Le qualificatif autorise l’armée à « faire usage de la force létale » pour venir à bout des 22 organisations criminelles désormais étiquetées « terroristes ».

« Pour le secteur touristique, qui commençait tout juste à se remettre de la pandémie, c’est une catastrophe, soupire Daniel Serrano, propriétaire d’un petit hôtel à Guayaquil. Qui a envie de se balader dans un pays en guerre ? » Selon les opérateurs touristiques, 80 % des réservations ont été annulées. « Mais le gouvernement n’avait pas le choix. Il a pris la bonne décision, tempère Holbach Muñeton, président de la Fédération nationale des chambres provinciales de tourisme. La sécurité ramènera les touristes. »

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Les défenseurs des droits humains, eux, s’inquiètent. Juanita Goebertus Estrada, directrice pour les Amériques de l’organisation Human Rights Watch, « le risque est de voir les forces de l’ordre commettre des abus contre des citoyens qui peuvent avoir commis des crimes, mais qui ne sont pas pour autant des combattants ».

Appels à l’aide internationale

« Après deux présidents complètement indolents, le gouvernement se devait de réagir, rappelle l’économiste de gauche Pablo Davalos. La détermination du président est une bonne chose. La réaction sociale et le soutien qu’elle suscite aussi. » Tous les partis politiques ont, dans un premier temps, soutenu la politique sécuritaire annoncée par le président. « Mais il est clair que la lutte contre la criminalité exige une stratégie intégrale beaucoup plus large que la seule militarisation des quartiers populaires, poursuit M. Davalos. Il est inquiétant que M. Noboa n’ait annoncé aucune mesure pour lutter contre le blanchiment. »

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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