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En Inde, Narendra Modi sous la pression de ses alliés à l’orée d’un troisième mandat

Au soleil couchant, le premier ministre indien, Narendra Modi, 73 ans, a prêté serment, dimanche 9 juin, pour un troisième mandat, en présence de plus de 8 000 invités réunis sous une chaleur encore torride devant le Rashtrapati Bhavan, l’ancien palais du vice-roi des Indes, devenu la résidence présidentielle, sur la colline Raisina, à New Delhi. Il égale ainsi Jawaharlal Nehru, le héros de l’indépendance, premier premier ministre de l’Inde et seul dirigeant jusqu’à présent à avoir été élu trois fois consécutivement.

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Etaient également présents les chefs de gouvernement et chefs d’Etat des pays proches − Bangladesh, Népal, Bhoutan, Sri Lanka, Maldives, à l’exception du Pakistan et de la Chine, les deux voisins ennemis, représentés par des personnalités de second rang.

Dans les premières travées avaient pris place des ultra-religieux hindous, vêtus de safran, le milliardaire Gautam Adani et sa famille, ainsi que quelques acteurs de Bollywood, dont le plus fameux, Shah Rukh Khan, peu réputé pour sa proximité avec le pouvoir. La cérémonie n’avait rien de modeste ; elle était XXL par le nombre d’invités, comme Narendra Modi les aime, pour en faire une démonstration de force.

La présidente, Droupadi Murmu, lui avait demandé, vendredi 7 juin, de former un gouvernement, sa coalition ayant emporté le plus grand nombre de sièges à l’issue des élections législatives (293 contre 233 pour l’opposition).

Le premier ministre a prêté serment en hindi, s’engageant à protéger la Constitution indienne, puis les nouveaux ministres se sont succédé à la tribune pour, à leur tour, prêter serment, au cours d’une cérémonie fastidieuse. Le nouveau gouvernement compte 71 ministres et secrétaires d’Etat, dont on ne connaît pas encore les attributions. Les portefeuilles devraient être précisés ultérieurement.

Liste de revendications

Narendra Modi commence un troisième mandat d’affilée, malgré la contre-performance de son parti à l’issue des élections du mardi 4 juin. Le Parti du peuple indien (BJP, pour Bharatiya Janata Party) a, pour la première fois depuis 2014, manqué la majorité de 32 sièges.

L’homme fort du pays a été contraint, pour gagner les sièges qui lui manquent, de nouer des alliances avec notamment deux vétérans du Bihar (nord-est) et de l’Andhra Pradesh (sud-est), Nitish Kumar et Chandrababu Naidu, habitués aux changements de camp. La longévité du gouvernement va dépendre de leur loyauté.

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Les deux alliés ont choisi de ne pas entrer au gouvernement afin de rester à la tête de leur Etat, mais ils ont conditionné leur soutien à une liste de revendications : des postes ministériels pour leur parti, un statut spécial pour leur territoire, ainsi qu’une révision de la réforme très impopulaire du recrutement de l’Armée − dite « agnipath » −, qui a considérablement réduit les possibilités pour les jeunes de devenir soldat et suscité beaucoup de frustration.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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