AccueilInternationalEtats-Unis : la condamnation de deux Afro-Américains pour le meurtre d’un Français à...

Etats-Unis : la condamnation de deux Afro-Américains pour le meurtre d’un Français à New York en 1987 a été annulée

La justice de New York a réparé une erreur judiciaire vieille de plus de 35 ans. Deux Afro-Américains new-yorkais condamnés pour le meurtre d’un touriste français à Manhattan, la nuit du Nouvel An 1987, ont été disculpés.

« Eric Smokes et David Warren ont perdu des décennies de leur vie pour une condamnation injuste (…) Il n’est jamais trop tard pour revenir sur d’anciennes condamnations, car chacun à New York mérite une justice équitable fondée sur la loi », a déclaré, mercredi 31 janvier, dans un communiqué le procureur de l’Etat de New York pour la juridiction de Manhattan, Alvin Bragg.

Le magistrat, un élu afro-américain du Parti démocrate, s’est félicité qu’après avoir plaidé pour faire « annuler » cette double condamnation pour meurtre prononcée par un tribunal new-yorkais en juillet 1987, un juge a « annulé les condamnations et l’inculpation » de ceux qui avaient à l’époque respectivement 19 et 16 ans. Eric Smokes et David Warren, 56 et 53 ans aujourd’hui, ont passé 24 et 20 années en prison, dont ils sont sortis en liberté conditionnelle en 2011 et 2007.

« Trente ans et quelque plus tard, vous continuez à vous battre pour vos droits, pour qu’un tribunal vous dise que ces condamnations n’étaient pas justifiées ; et bien aujourd’hui, je vais vous l’accorder », a déclaré aux deux hommes assis le juge Stephen Antignani, sous les applaudissements du public, rapporte le New York Times.

Un nombre croissant de condamnations annulées

Un nombre croissant de condamnations pénales prononcées à la fin des années 1980 et dans les années 1990 − quand la criminalité à New York poussait la police et la justice à inculper à tout prix − ont été récemment annulées. Depuis 1989, quelque 124 condamnations pour meurtre ont été annulées à New York, sur 1 317 dans tout le pays, d’après des chiffres du registre national des disculpations cités par le New York Times. L’immense majorité des noms lavés de toute condamnation sont des personnes noires ou hispaniques, écrit le journal.

MM. Smokes et Warren ont toujours clamé leur innocence mais la justice n’a rouvert son enquête qu’en 2022 en vue d’une éventuelle révision du jugement, a expliqué le procureur Bragg. Les enquêteurs ont notamment épluché les rapports de police de l’époque et réinterrogé des témoins adolescents en 1987. Il s’est avéré, selon M. Bragg, que les témoignages à charge de ces jeunes étaient soit faux ou contradictoires, soit livrés sous la contrainte et que MM. Smokes et Warren avaient un « alibi » selon lequel ils n’étaient pas sur Times Square la nuit de la mort du Français Jean Casse, un touriste de 71 ans à l’époque.

D’après le récit qu’en ont fait M. Bragg et la presse de l’époque, dont l’Agence France-Presse (AFP), M. Casse, un retraité toulousain, avait été volé et agressé dans une rue près du mythique carrefour de Manhattan. Il était mort des suites d’une fracture du crâne et d’une hémorragie interne après avoir heurté violemment le trottoir lors de l’agression. Lors du procès, Eric Smokes avait accueilli le verdict en criant : « Je n’ai tué personne. Pourquoi ne me tuez-vous pas sur place ? », avait relaté l’AFP en 1987.

Le Monde avec AFP

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici