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Etats-Unis : le Congrès ne parvient toujours pas à s’accorder sur l’aide à Israël

Le bras de fer continue. La Chambre des représentants américaine a buté, mardi 6 février, sur une enveloppe de 17,6 milliards de dollars (près de 16,5 milliards d’euros) pour Israël à laquelle Joe Biden s’opposait, le président américain exigeant que ces fonds soient couplés à une aide pour l’Ukraine.

Les républicains au Congrès et le dirigeant démocrate sont engagés dans une passe d’armes autour de l’aide américaine à ces deux pays. Les parlementaires conservateurs, majoritaires à la Chambre et pour la plupart proches de Donald Trump, veulent à tout prix débloquer de nouveaux fonds pour Israël, allié historique des Etats-Unis, en guerre contre le Hamas. Mais ils sont nombreux à s’opposer à la validation de nouveaux fonds pour Kiev, estimant qu’il ne revient pas au contribuable américain de financer un conflit qui s’enlise.

Conscient que le sentiment d’urgence s’est bien émoussé à Washington depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, Joe Biden réclame, lui, depuis octobre que les enveloppes pour les deux pays figurent au sein d’un même projet de loi. Une idée à laquelle nombre de républicains s’opposent.

Le vote sur Israël, convoqué mardi par les conservateurs à la Chambre des représentants, était une façon de tenter de forcer la main au président. En vain. Pour être approuvé, ce projet de loi aurait dû être voté par la Chambre des représentants et le Sénat puis promulgué par le président. Or, la plupart des démocrates étaient contre ce texte. Joe Biden avait d’ores et déjà prévenu qu’il y mettrait son veto s’il était adopté.

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Biden accuse Trump d’instrumentalisation

Par ailleurs, le président américain s’en est pris frontalement mardi à Donald Trump, qu’il a accusé de manipuler le Parti républicain pour bloquer toute réforme de la politique migratoire et toute nouvelle aide à l’Ukraine. « Donald Trump préfère instrumentaliser cette question [de l’immigration] plutôt que de la résoudre », a déclaré le président démocrate lors d’un discours depuis la Maison Blanche.

Une porte-parole de l’ancien président, très probable rival de Joe Biden à la présidentielle de novembre, a dénoncé un « mensonge éhonté », affirmant dans un communiqué que Donald Trump avait « créé la frontière la plus sûre de l’histoire, et [que] c’est Joe Biden qui est revenu sur ses décisions, semant la mort, la destruction et le chaos » dans tout le pays.

En jeu : un projet de réforme bloqué par l’opposition, qui prévoit plus de policiers aux frontières, des procédures d’asile plus strictes, et qui donne le pouvoir au président de fermer purement et simplement la frontière avec le Mexique, en cas d’arrivées de migrants supérieures à un certain seuil. De ce projet de loi, péniblement négocié depuis des semaines par des sénateurs des deux camps, dépend aussi la reprise de l’assistance militaire américaine à l’Ukraine, interrompue depuis fin décembre, et toute nouvelle aide à Israël.

« Il est temps de montrer un peu de courage »

« Soutenir ce projet de loi, c’est s’opposer à Poutine. S’y opposer, c’est faire le jeu » du président russe, a affirmé le démocrate. Joe Biden a demandé environ 60 milliards de dollars pour l’Ukraine, et 14 milliards pour Israël. Il ne les aura que si le Sénat, puis la Chambre des représentants, qui ensemble composent le Congrès, votent le texte. Mais à entendre les dirigeants républicains, qui ont une minorité de blocage au Sénat et qui ont la majorité à la Chambre, cela n’a aucune chance ou presque de se produire, eux qui réclament un durcissement de la politique d’immigration.

L’exécutif américain avance, de son côté, que le texte a reçu le soutien d’un syndicat de la police aux frontières, qui juge qu’il n’est « pas parfait », mais que la réforme vaut mieux qu’un « statu quo ». Ce même syndicat, a souligné Joe Biden, avait appelé à voter pour Donald Trump en 2020. Le président démocrate espère retourner cette opposition de la droite en sa faveur.

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« Chaque jour d’ici au mois de novembre, les Américains sauront que si la frontière n’est pas sûre, c’est uniquement à cause de Donald Trump », a-t-il asséné. « Il est temps pour les parlementaires républicains de montrer un peu de courage » face à l’ancien président, a-t-il réclamé.

Le Monde avec AFP

Source du contenu: www.lemonde.fr

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