AccueilInternationalFootball : « L’Arabie saoudite s’est illusionnée en croyant créer un championnat d’élite ex nihilo »

Football : « L’Arabie saoudite s’est illusionnée en croyant créer un championnat d’élite ex nihilo »

Difficile d’échapper à la métaphore du mirage. L’été avait été flamboyant pour les clubs saoudiens effectuant une moisson de grands noms du football, à des tarifs hors marché. Six mois plus tard, les ambitieuses promesses du championnat professionnel d’Arabie saoudite semblent déjà se dissiper dans les brumes du désert.

Le mercato d’hiver a été atone pour les clubs locaux, qui n’ont enregistré, comme recrues notables, que l’international croate Ivan Rakitic (35 ans) et le Brésilien Renan Lodi (25 ans), en échec un semestre après son arrivée à l’Olympique de Marseille. C’est désormais le trafic dans le sens des retours qui est observé.

Après dix-neuf matchs et « six mois difficiles », le milieu de terrain anglais Jordan Henderson va tenter de se relancer à l’Ajax Amsterdam, et de faire oublier les reproches d’avoir renié ses engagements en faveur des droits LGBT en rejoignant un pays où l’homosexualité est prohibée. Les Brésiliens Roberto Firmino, Luiz Felipe ou Roger Ibañez ont manifesté leurs envies de revenir en Europe ; et Neymar, lui, est de nouveau blessé, et récupère au Brésil.

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Faible niveau

L’entourage de Karim Benzema a démenti toute velléité de départ, mais son retour de vacances tardif et sa mise à l’écart du groupe d’Al-Ittihad accréditent d’autant plus cette hypothèse que l’attaquant est critiqué pour son manque d’implication sur le terrain – malgré une rémunération nette estimée à 200 millions d’euros jusqu’en juin 2025. Officiellement, il ne se plaindrait que du faible niveau de son équipe.

C’est un des soucis rencontrés par la Saudi Pro League. En dépit du débarquement de stars pas toujours vieillissantes et même d’espoirs prometteurs, le jeu n’a pas connu de saut qualitatif. Pensionnaire d’Al-Nassr, l’international espagnol Aymeric Laporte a déploré le « manque de sérieux » de l’encadrement technique.

Ces footballeurs ne sont peut-être pas si vénaux, finalement. Du moins, l’appât du gain et leur désir de « mettre leur famille à l’abri » (expression consacrée qui ne précise pas sur combien de générations) ne leur font pas complètement renoncer à la quête de prestige sportif.

Si eux-mêmes ont cru que l’on pouvait bâtir instantanément un championnat de classe mondiale en alignant les noms prestigieux, la réalité les a rattrapés plus vite qu’un défenseur local. La participation majoritaire du fonds souverain PIF (Public Investment Fund, le fonds souverain du royaume) dans les quatre principaux clubs (Al-Hilal, Al-Nassr, Al-Ittihad et Al-Ahli) renforce la dimension de sport exhibition, pas la crédibilité sportive.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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