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Guerre en Ukraine : comment l’Union européenne est devenue le premier soutien financier de Kiev

INFOGRAPHIES – A quelques heures d’un sommet européen crucial sur l’éventuel déblocage d’une aide de 50 milliards d’euros, retour en chiffres sur l’aide financière et militaire mondiale apporté à l’Ukraine dans la guerre.

L’Ukraine risque-t-elle de perdre la bataille de l’attrition ? Alors que le triste anniversaire des deux ans du début de la guerre approche, la Russie semble de plus en plus à même de répondre industriellement à son besoin d’armes et de munitions. «Elle peut produire désormais plusieurs millions d’obus d’artillerie par an et recruter des centaines de milliers de soldats […] Beaucoup de gens pensaient qu’ils ne pouvaient pas aller plus loin. Aujourd’hui, les gens nous disent le contraire», a récemment déclaré le chef d’état-major de l’armée estonienne dans un entretien à Bloomberg.

L’Ukraine, de son côté, ne cesse d’alerter les Occidentaux dont l’effort et la motivation sont au cœur d’une intense bataille politique aux États-Unis et le fruit d’un difficile compromis en Europe, alors que le dirigeant hongrois Orban freine fatalement le déblocage d’une nouvelle aide de 50 milliards d’euros. À la veille d’un sommet européen extraordinaire sur la question, l’Union européenne a donc proposé au premier ministre hongrois Viktor Orban un débat annuel sur l’aide financière versée à l’Ukraine, dans l’espoir de le voir lever son veto.

Cruciales pour l’Ukraine, ces aides financières ont ralenti ces derniers mois, sur fond de déconvenues militaires après l’échec de la contre-offensive estivale ukrainienne. Comme l’a montré le Kiel Insitute, un groupe de réflexion allemand qui recense et quantifie l’aide militaire, financière et humanitaire promise à Kiev dans sa dernière publication en décembre, «la période entre août et octobre 2023 a été marquée par une forte baisse du montant de l’aide nouvellement engagée, la valeur des nouveaux programmes s’élevant à seulement 2,11 milliards d’euros, soit une baisse de 87 % par rapport à la même période de 2022».

«Nos chiffres confirment l’impression d’une attitude plus hésitante des donateurs ces derniers mois. […] Compte tenu de l’incertitude entourant une nouvelle aide américaine, l’Ukraine ne peut qu’espérer une adoption par l’UE de son plan de soutien de 50 milliards d’euros, annoncé depuis longtemps. Un nouveau retard renforcerait clairement la position de Poutine», estime Christophe Trebesch, chercheur et responsable de l’outil de calcul.

L’Ukraine dépend d’avantage aujourd’hui de quelques donateurs comme l’Allemagne, les États-Unis et ainsi que des pays nordiques et pays de l’est de l’Europe qui font, sans surprise le plus d’efforts, proportionnellement à leur PIB. «Les petits pays, notamment les pays nordiques et les Pays-Bas, jouent un rôle croissant dans l’aide militaire», note par ailleurs le Kiel Institute qui remarque aussi une évolution dans la forme du soutien apporté à l’Ukraine.

Aides militaires

Côté aide militaire spécifiquement, l’Union européenne totalise aujourd’hui une aide à hauteur de 28 milliards d’euros. Mais les munitions n’arrivent parfois pas avec la ponctualité désirée. Le Haut Représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell a ainsi reconnu ce mercredi que l’UE ne pourrait livrer comme promis un million d’obus à l’Ukraine d’ici fin mars, tout en assurant qu’elle pourrait atteindre cet objectif avant la fin 2024.

«Nous avons déjà livré 330.000 obus», a-t-il expliqué devant la presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’UE à Bruxelles. «Je m’attends à ce que ce chiffre augmente de 200.000 obus» d’ici fin mars, soit «un peu plus de 52% de l’objectif» fixé l’an dernier, a-t-il ajouté. «Oui d’accord, le 31 mars, on n’aura pas le million», a-t-il lancé. Mais une «dynamique positive» a été créée, et ce chiffre sera dépassé d’ici la fin de l’année, avec 1,1 million d’obus pour l’Ukraine, a-t-il assuré.

L’Union européenne aura fin 2024 une capacité annuelle de production de quelque 1,4 million d’obus, a-t-il ajouté. Et cette capacité sera portée à deux millions en 2025, a affirmé de son côté mercredi le commissaire européen en charge de l’industrie de défense, Thierry Breton. Mais une grande partie est exportée vers des pays tiers, au détriment de l’Ukraine en guerre, a reconnu cette semaine un haut responsable européen sous couvert d’anonymat.

Mercredi, les dirigeants allemand Olaf Scholz, néerlandais Mark Rutte, estonienne Kaja Kallas, tchèque Petr Fiala et danoise Mette Frederiksen ont appelé les Européens à «redoubler leurs efforts» pour s’assurer que le soutien militaire à l’Ukraine dure «aussi longtemps que nécessaire». «Nous devons donc trouver les moyens d’accélérer la livraison des munitions d’artillerie promises à l’Ukraine», ont-ils écrit dans une lettre commune publiée par le quotidien Financial Times. Plusieurs pays européens, dont la France, l’Italie ou l’Espagne, sont accusés de ne pas en faire assez pour aider l’armée ukrainienne. Paris, qui n’a pas signé cette lettre, s’en défend, et a annoncé en janvier une coalition sur l’artillerie pour mieux aider l’Ukraine.

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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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