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Guerre en Ukraine : la CPI interpellée sur les discours de haine des propagandistes du Kremlin

L’auteur d’un discours de haine et d’incitation à commettre un crime mérite-t-il d’être jugé aux côtés des auteurs de crimes de guerre et de leurs commanditaires ? Des organisations de défense des droits humains estiment que la question, discutée par le passé dans le procès des dignitaires nazis à Nuremberg, ou dans le procès des « médias de la haine » du génocide des Tutsis rwandais à Arusha, mériterait d’être posée par la justice internationale à propos de la guerre russe en Ukraine.

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), associée à deux organisations ukrainiennes – le Groupe de protection des droits de l’homme de Kharkiv (KHPG) et le Centre pour les libertés civiles (CCL) de la Prix Nobel Oleksandra Matviichuk – et à une association russe devant rester anonyme, ont soumis, jeudi 6 juin, un dossier en ce sens au bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, accusant six célèbres propagandistes russes de « crime contre l’humanité » pour leur discours de haine envers les Ukrainiens.

L’accusation vise Dmitri Medvedev, ex-président et actuellement numéro deux du Conseil de sécurité russe, Alexeï Gromov, chef de cabinet adjoint de l’administration présidentielle, chargé notamment de la supervision des médias d’Etat, et quatre figures médiatiques, Vladimir Soloviev, animateur sur la chaîne de télévision Rossia 1, Margarita Simonian, rédactrice en chef de RT et Sputnik, Dmitri Kisselev, chef du groupe média Rossia Segodnia, et Sergueï Mardan, animateur de radio et de télévision.

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Lors d’une présentation du dossier organisée jeudi, à Kiev, des représentants des ONG de défense des droits humains ont accusé les six Russes de « participer à une campagne haineuse contre les civils ukrainiens, encourageant et facilitant les crimes de guerre et autres atrocités » commises par les forces russes en Ukraine.

« Une machine d’Etat de lavage de cerveau »

« Les atrocités massives perpétrées à l’encontre des Ukrainiens ont été facilitées par des années de campagne de haine, estime ainsi Ilya Nuzov, responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale à la FIDH, qui intervenait en visioconférence. Les Ukrainiens ont été dépeints en “nazis”, en sous-humains, qui perpétreraient un “génocide contre les Russophones”, afin de préparer une opération de “dénazification” et de créer dans la société russe un climat d’acceptation des crimes perpétrés en Ukraine. »

« Il n’aurait pas pu y avoir de guerre sans cette propagande », accuse Anna Ovdiienko, juriste au KHPG. « La propagande est une machine d’Etat de lavage de cerveau de la population russe », estime pour sa part Volodymyr Yavorskyy, responsable du dossier au CCL.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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