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Israël annonce la libération de quatre otages lors d’une « opération spéciale » dans la bande de Gaza

L’armée israélienne a annoncé samedi 8 juin avoir libéré plusieurs otages lors d’une « opération spéciale » dans le centre de la bande de Gaza, un secteur visé par d’intenses bombardements depuis plusieurs jours. Samedi matin, lors « d’une opération spéciale difficile de jour à Nousseirat, 4 otages israéliens ont été libérés », écrit l’armée israélienne dans un communiqué.

Il s’agit de Noa Argamani, 25 ans, Almog Meir Jan, 21 ans, Andrey Kozlov, 27 ans, et Shlomi Ziv, 40 ans, tous les quatre enlevés sur le site de la rave-party Tribe of Nova le 7 octobre 2023, selon l’armée. Les otages, selon la même source, ont été « secourus » dans deux lieux différents à Nousseirat. Dans son message, l’armée affirme que l’état de santé des otages libérés est « normal », et ajoute qu’ils ont été « transférés pour des examens médicaux supplémentaires au centre médical Sheba, à Tel HaShomer », dans la ville de Ramat Gan.

« Noa, Almog, Andrey et Shlomi, nous sommes très heureux de vous accueillir à la maison », s’est félicité, sur X, Yoav Gallant, le ministre de la défense israélien, en qualifiant l’opération ayant permis leur libération d’« héroïque ». « Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que les cent vingt otages soient rentrés chez eux », a ajouté le ministre israélien.

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Dans une déclaration télévisée, le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne, a évoqué une opération « au cœur d’un quartier de civils avec des terroristes armés », et précisé qu’un soldat avait été « gravement blessé ». « Le message envoyé ce matin au Hamas est clair : nous sommes déterminés pour ramener tous les otages à la maison », a-t-il poursuivi.

De son côté, le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé samedi un bilan d’au moins 210 morts dans des attaques israéliennes sur le camp de Nousseirat, où les otages ont été libérés selon Israël. « Le nombre de victimes du massacre perpétré par l’occupant israélien dans le camp de Nousseirat s’élève à 210 martyrs et plus de 400 blessés », a fait savoir le service de presse du gouvernement du Hamas dans un communiqué qui ne mentionne pas la libération d’otages.

L’hôpital Al-Aqsa de Deir El-Balah où les victimes ont été emmenées, cité par Associated Press, recense, lui, au moins 94 morts, dont des enfants, et plus de 100 blessés.

Pression politique intérieure

Au neuvième mois de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, subit une forte pression à l’étranger pour sa conduite de la guerre à Gaza, mais aussi sur le plan interne avec celle de familles des otages enlevés lors de l’attaque sans précédent menée sur le sol israélien par le Hamas le 7 octobre, qui a déclenché les hostilités.

Benny Gantz, l’ex-chef de l’armée devenu rival politique de Benyamin Nétanyahou, qui devait annoncer samedi soir sa démission du cabinet de guerre du premier ministre, a annulé son intervention, selon un média israélien, peu avant la déclaration de l’armée israélienne sur la libération des otages.

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Il avait lancé, le 18 mai, un ultimatum à M. Nétanyahou, exigeant l’adoption, d’ici au 8 juin, d’un « plan d’action » sur l’après-guerre dans la bande de Gaza, faute de quoi il se verrait « contraint de démissionner du gouvernement », qu’il avait rejoint après le 7 octobre. A la suite de ces propos, Benyamin Nétanyahou avait immédiatement rejeté cette proposition et accusé son rival de « chercher une excuse pour renverser le gouvernement ».

Au moins 55 Palestiniens tués à Nousseirat

Les frappes israéliennes se sont concentrées ces derniers jours sur le centre de la bande de Gaza, particulièrement sur Nousseirat. Selon le ministère de la santé gazaoui, au moins 55 personnes, dont des enfants, ont été tuées et des dizaines d’autres ont été blessées lors des multiples opérations conduites par l’armée israélienne dans le camp de déplacés de Nousseirat samedi, alors que les gens fuyaient pour se mettre en sécurité.

Jeudi, des frappes israéliennes sur une école de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) avaient fait 37 morts, selon un hôpital local. Accusant le Hamas d’avoir utilisé à dessein cette école pour lancer des attaques, l’armée israélienne a dit avoir tué lors de cette frappe « 17 terroristes ». Le Hamas, qui a déclaré que 14 enfants avaient péri, a dénoncé de « fausses informations ».

Le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a par ailleurs accusé Israël d’avoir frappé « sans avertissement » cette école à Nousseirat qui abritait, selon lui, « 6 000 personnes déplacées » par les combats. Avant son annonce sur les otages, l’armée israélienne a dit samedi viser des « infrastructures terroristes » dans le secteur de Nousseirat, alors que des témoins ont fait état de tirs depuis des drones et des hélicoptères contre le camp.

Un porte-parole de l’hôpital Al-Aqsa de Deir Al-Balah, proche de Nousseirat, le docteur Khalil Al-Dakran, a annoncé la mort de 15 personnes dans « des frappes israélienne intenses », qui ont fait, selon lui, des dizaines d’autres blessés.

Des « opérations ciblées », selon l’armée israélienne

D’intenses combats entre l’armée et des combattants palestiniens ont lieu dans le camp d’Al-Boureij et celui, voisin, de Maghazi, d’après des témoins. Dans un communiqué, l’armée israélienne a dit avoir frappé des « dizaines de cellules et infrastructures terroristes, dont un tunnel situé dans une structure civile » lors d’opérations à Al-Boureij et à Deir Al-Balah.

Dans le Nord, 5 personnes ont été tuées, et 7 blessées, dans un bombardement aérien nocturne sur une maison du quartier de Cheikh Radwan, dans la ville de Gaza, ont fait savoir un médecin de l’hôpital baptiste et la défense civile de Gaza. Dans le Sud, des bombardements à l’artillerie ont touché plusieurs secteurs de la ville de Rafah, à la frontière égyptienne, selon des sources locales. L’armée a déclaré y poursuivre des « opérations ciblées » et avoir découvert de « grandes quantités d’armes ».

L’attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis le territoire palestinien a entraîné la mort de 1 194 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Lors de cette attaque, 251 personnes ont été emmenées comme otages. Après une courte trêve en novembre ayant permis la libération d’une centaine d’entre eux, 116 otages sont toujours retenus à Gaza, dont 41 sont morts, selon l’armée israélienne.

En réponse à l’attaque du 7 octobre, l’armée israélienne a lancé une offensive meurtrière dans le petit territoire côtier où le Hamas a pris le pouvoir en 2007. Au moins 36 801 Palestiniens, essentiellement des civils, ont été tués, selon des données du ministère de la santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas. Le conflit a dévasté une grande partie de la bande de Gaza et déraciné la plupart de ses 2,4 millions d’habitants, confrontés à un risque de famine. L’aide internationale, dont l’entrée à Gaza est contrôlée par Israël, n’y parvient qu’au compte-gouttes.

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Le Monde avec AFP

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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