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Les Etats-Unis mènent des frappes de représailles en Irak et en Syrie, après la mort de trois soldats en Jordanie

Les Etats-Unis ont mené, vendredi 2 février, des frappes de représailles visant des effectifs de la force Al-Qods, la branche des opérations étrangères des gardiens de la révolution iraniens, et des groupes pro-iraniens en Irak et en Syrie, au moment même où les dépouilles de trois soldats américains, tués en Jordanie, étaient rapatriées aux Etats-Unis, a annoncé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Au moins dix-huit combattants pro-iraniens, dont cinq à Deir ez-Zor, en Syrie, ont été tués dans ces frappes aériennes d’une trentaine de minutes sur l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Joe Biden avait promis de répondre à l’attaque mortelle par drone menée dimanche 28 janvier à proximité de la frontière syrienne, et attribuée par Washington à des groupes soutenus par l’Iran. « Notre riposte a commencé aujourd’hui. Elle continuera selon le calendrier et aux endroits que nous déciderons », a fait savoir le président, vendredi. « Les Etats-Unis ne veulent de conflit ni au Moyen-Orient ni ailleurs dans le monde. Mais que ceux qui veulent nous faire du mal le sachent bien : si vous touchez à un Américain, nous répondrons », a-t-il encore indiqué dans un communiqué, quelques heures après avoir assisté au retour des corps des trois militaires américains tués.

L’exécutif américain avait fait savoir que les représailles seraient multiples et étalées dans le temps, contre des cibles différentes.

Quatre-vingt-cinq sites ciblés

De son côté, le général Yehia Rasool, porte-parole militaire du premier ministre irakien, Mohammed Chia Al-Soudani, a fustigé dans un communiqué une « violation de la souveraineté » de l’Irak à la suite de ces frappes aériennes. Il a ajouté craindre des conséquences « désastreuses pour la sécurité et la stabilité de l’Irak et de la région ».

Les frappes « ont impliqué plus de 125 munitions de précision », a déclaré le Centcom dans son communiqué, précisant qu’elles avaient visé plus de 85 sites dont des centres de commandement et de renseignement, ainsi que des infrastructures de stockage de drones et de missiles appartenant à des milices et à des forces iraniennes « qui ont permis les attaques contre les forces américaines et de la coalition », dont celle de dimanche. Le Pentagone a précisé que les frappes avaient mobilisé de nombreux avions de combat parmi lesquels des bombardiers à long rayon d’action.

« Un QG des factions armées dans la zone d’Al-Qaïm a été ciblé, il s’agit d’un entrepôt d’armes légères selon des informations préliminaires », a indiqué à l’Agence France-Presse un responsable au ministère de l’intérieur irakien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Un responsable du Hachd Al-Chaabi, coalition d’anciens paramilitaires rassemblant ces factions pro-Iran, avait confirmé cette frappe et un autre bombardement visant une position dans la région d’Al-Akachat, plus au sud.

Une intense pression

L’armée américaine est passée à l’acte le jour où son commandant en chef, sur le tarmac de la base militaire de Dover (Delaware), rendait hommage aux trois militaires tués. Les corps de William Jerome Rivers, Kennedy Ladon Sanders et Breonna Alexsondria Moffett, militaires de l’Etat américain de Géorgie, ont été sortis un à un, dans des cercueils recouverts du drapeau américain, d’un imposant avion de transport militaire. Le président de 81 ans est resté immobile dans le vent froid, la main sur le cœur et le regard fixé droit devant lui, au passage des corps.

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Le démocrate, en campagne pour un second mandat, fait face à une intense pression de ses adversaires républicains pour répondre fermement à l’Iran.

L’ancien président Donald Trump, archi-favori pour l’investiture de son parti, a déjà attaqué la « faiblesse » de son adversaire démocrate, alors que les forces américaines au Moyen-Orient ont subi de très nombreuses attaques depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Joe Biden répète toutefois ne pas vouloir d’escalade régionale ni de conflit ouvert avec l’Iran.

Le Monde avec AFP

Source du contenu: www.lemonde.fr

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