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« Ne ratons pas le rendez-vous des élections européennes ! La gauche réformiste doit se rassembler »

Les élections européennes des 6 et 9 juin 2024 représentent un moment de clarification pour la gauche française. A l’heure où nous déplorons le décès de Jacques Delors (1925-2023), l’un des grands artisans français de l’Europe, et au moment où nous assistons à une percée inquiétante de l’extrême droite, non seulement électorale mais également idéologique, il est temps de rappeler avec enthousiasme et détermination l’attachement de la gauche réformiste française au projet européen.

L’Union européenne (UE) est l’échelon le plus pertinent pour répondre aux grands défis de notre temps. La lutte contre le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité, la promotion d’une agriculture durable, la régulation du capitalisme mondialisé – que l’on pense aux excès de la finance ou à ceux des géants du numérique – et le combat pour les droits humains et sociaux ne peuvent se concevoir sérieusement sans une action publique européenne forte.

Dans tous ces domaines, l’Europe ne permet pas seulement aux Etats-nations d’agir plus efficacement en œuvrant ensemble face à des acteurs puissants (grandes puissances, entreprises multinationales). Elle permet de peser davantage face à des défis globaux que ces derniers sont impuissants à relever de manière fragmentée. En matière de régulation de l’intelligence artificielle, de négociations climatiques internationales ou de lutte contre la criminalité organisée et la corruption, par exemple, la France seule n’a pas assez de poids, tandis que la capacité d’influence de l’Europe, lorsqu’elle se mobilise, est réelle.

L’Europe est un rempart

Notre continent européen se trouve aujourd’hui à un tournant de son histoire. La paix et la démocratie y sont directement menacées. D’abord par l’agression de l’Ukraine par la Russie et la guerre hybride que mène celle-ci contre notre modèle de société. Ensuite par les forces internes qui, au centre, à l’est, mais aussi et de plus en plus à l’ouest, poursuivent le projet de subvertir la « démocratie libérale » en démantelant l’Etat de droit et en foulant aux pieds les droits fondamentaux au nom d’une supposée « volonté populaire ».

L’Europe, face à ces menaces, doit être un rempart. Elle ne doit ni sombrer dans la complaisance, ni se laisser influencer, notamment en matière migratoire, par le poison du populisme. Enfin, dans un monde instable et de moins en moins amical, l’Europe doit prendre conscience d’elle-même pour mieux défendre ses valeurs et ses intérêts.

Pour cela, des pas en avant importants en matière de défense, de sécurité économique et de politique étrangère commune sont nécessaires, tout en menant à bien le grand chantier de l’élargissement à de nouveaux Etats. Comme elle l’a fait lors du Covid, l’Union doit relever – par un grand plan d’investissement commun – le double défi du réarmement et de la transition écologique. Il n’y a donc plus d’ambiguïté possible : assumer pleinement le choix de l’Europe, c’est en accepter les règles du jeu, institutionnelles et politiques.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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