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Pakistan : au moins 22 personnes tuées et 37 blessées dans deux explosions à la veille des élections

Au moins 22 personnes ont été tuées et 37 blessées, mercredi 7 février, dans le sud-ouest du Pakistan, dans deux explosions probablement causées par des engins piégés près des permanences de candidats aux élections législatives et provinciales de jeudi.

La première s’est produite près du bureau d’un candidat indépendant aux élections provinciales dans le district de Pishin, à environ 50 kilomètres au nord de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan. « C’était apparemment l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED), qui a causé la mort de douze personnes et fait plus de 25 blessés », a déclaré Jan Achakzai, le ministre de l’information du Baloutchistan.

La seconde explosion a eu lieu « près du bureau électoral du candidat local de la JUI-F » (Jamiat Ulema-e-Islami-Fazal) sur le marché principal de la ville de Killa Saifullah, à environ 150 kilomètres au nord-est de Quetta, faisant au moins dix morts et douze blessés, selon M. Achakzai, qui, là aussi, a évoqué l’explosion d’un engin piégé.

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Un demi-million de membres des forces de sécurité déployés

Plus d’un demi-million de membres des forces de sécurité ont été déployés à l’occasion du scrutin, pour lequel les autorités ont commencé, mercredi, la distribution des bulletins dans plus de 90 000 bureaux de vote.

La crédibilité des élections dans cette république islamique de 240 millions d’habitants a par avance été mise en doute, avec l’incarcération du populaire ex-premier ministre Imran Khan et la répression à l’encontre de son parti.

Une forte hausse des violences a aussi été observée avant le scrutin. Au moins deux candidats ont été abattus pendant la campagne, et des dizaines d’autres ont été attaqués dans tout le pays. Les campagnes électorales au Pakistan sont généralement marquées par des épisodes de violence. De nombreux candidats et électeurs ont par le passé été visés par des attaques armées et des attentats à la bombe commis par des insurgés islamistes.

La campagne a officiellement pris fin, mardi, à minuit, et les bureaux de vote doivent ouvrir jeudi à 8 heures (4 heures à Paris), pour fermer à 17 heures. A Lahore, la capitale de la province du Pendjab (centre-est), des directeurs de scrutin accompagnés de policiers ont commencé, mercredi, à apporter des sacs verts remplis de bulletins dans les bureaux de vote.

« L’organisation en matière de sécurité est bien meilleure, parce que la Commission électorale a installé son application et pris d’autres mesures », a expliqué le responsable d’un bureau électoral, Mohammad Baqir, en référence à la surveillance électronique de ceux qui collectent les bulletins. « Le travail se passe sans problème », a-t-il insisté.

128 millions d’électeurs appelés aux urnes

Quelque 128 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans le cinquième pays le plus peuplé au monde, avec 240 millions d’habitants. Près de 18 000 candidats se présentent aux élections pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale ou aux assemblées provinciales.

L’Assemblée nationale compte 336 députés, dont 266 sont élus par un scrutin uninominal à un tour et 70 autres à la proportionnelle (soixante sièges réservés aux femmes et dix pour les minorités religieuses : chrétiens, hindous…).

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Tombé en disgrâce auprès de l’armée – qui l’avait pourtant soutenu en 2018 – après l’avoir violemment critiquée, Imran Khan a été condamné à trois longues peines de prison pour corruption, trahison et mariage illégal. Le 30 et 31 janvier, il a été condamné à dix et quatorze ans de prison. Et son parti, le Pakistan Tehrik-e-Insaf (PTI), n’a pu mener campagne sur le terrain et dans les médias, trouvant seulement refuge sur les réseaux sociaux.

La porte semble ainsi ouverte à la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), de Nawaz Sharif, qui pourrait, à 74 ans, redevenir premier ministre pour la quatrième fois. Nawaz Sharif est rentré au Pakistan, en octobre, après quatre années d’exil à Londres. Les analystes estiment qu’il a passé un accord avec l’armée, à laquelle il reprochait pourtant jusque-là de l’avoir écarté des précédentes élections. Depuis son retour, il a bénéficié de l’annulation de plusieurs condamnations antérieures pour corruption.

Le Monde avec AFP

Source du contenu: www.lemonde.fr

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