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Présidentielle reportée au Sénégal : situation tendue à Dakar avant un vote de l’Assemblée nationale

La situation était encore très tendue au Sénégal, lundi 5 février, deux jours après le report sine die de l’élection présidentielle par le président, Macky Sall. Après des heurts dimanche soir, dans la capitale, un rassemblement de protestation devant l’Assemblée nationale a été dispersé par les gendarmes, à l’aide de gaz lacrymogène.

Les députés doivent débattre lundi d’une proposition de loi constitutionnelle qui reporterait le scrutin de six mois maximum, au cours d’une séance anticipée comme un moment crucial. L’approbation requiert une majorité des trois cinquièmes des 165 députés. Elle n’est pas acquise. Le vote est prévu dans la journée. Adoption ou rejet, la situation demeurera hautement volatile.

L’accès aux données mobiles Internet a été coupé au moins dans plusieurs quartiers de Dakar lundi, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Le gouvernement avait déjà suspendu l’accès en juin 2023, dans un contexte de crise politique. La mesure est devenue ailleurs un moyen de riposte courant pour endiguer la mobilisation et la communication via les réseaux sociaux.

L’Union africaine appelle au « dialogue »

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a appelé, lundi dans un communiqué, les Sénégalais à régler leur « différend politique par la concertation, l’entente et le dialogue », après les tensions et les violences provoquées par le report de l’élection présidentielle. Exprimant sa « préoccupation » sur le report de l’élection présidentielle, il demande aux autorités d’« organiser dans les meilleurs délais les élections, dans la transparence, la paix et la concorde nationale ».

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les Etats-Unis, l’Union européenne, la France, partenaires importants du Sénégal, ont demandé de travailler à une nouvelle date d’élection.

M. Sall avait annoncé samedi, quelques heures avant l’ouverture de la campagne électorale, avoir signé un décret ajournant la présidentielle, qui devait avoir lieu le 25 février. L’annonce avait soulevé un tollé et fait craindre un accès de fièvre dans un pays réputé être un îlot de stabilité en Afrique de l’Ouest, mais qui a traversé différents épisodes de troubles meurtriers depuis 2021. C’est la première fois depuis 1963 qu’une présidentielle au suffrage universel direct est reportée au Sénégal, un pays qui n’a jamais connu de coup d’Etat, une rareté sur le continent.

L’opposition dénonce une dérive autoritaire du pouvoir. Avec l’ajournement de la présidentielle, elle soupçonne un plan pour éviter la défaite inévitable selon eux du camp présidentiel, voire pour prolonger la présidence Macky Sall, malgré l’engagement réitéré samedi par ce dernier de ne pas se représenter. Le candidat du camp présidentiel, le premier ministre Amadou Bâ, est contesté dans ses propres rangs et fait face à des dissidents.

Le président Sall a invoqué le grave conflit qui a éclaté entre le Conseil constitutionnel et l’Assemblée nationale après la validation définitive par la juridiction de vingt candidatures et l’élimination de plusieurs dizaines d’autres. Il a allégué du risque de contestation pré- et post-électorale et de nouveaux heurts comme en 2021 et 2023.

Le Monde avec AFP

Source du contenu: www.lemonde.fr

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