AccueilInternationalSyrie : un an après le séisme, les victimes livrées à elles-mêmes dans...

Syrie : un an après le séisme, les victimes livrées à elles-mêmes dans la province d’Idlib

Noura n’a pas oublié les premières heures du 6 février 2023. Il fait encore nuit, quand la jeune femme, ses enfants, son mari et des membres de leur famille sont réveillés « sous le coup d’une violente vibration du logement et du mouvement du sol. Encore aujourd’hui, nous gardons en mémoire le son de la terre qui grondait, terrifiant », écrit-elle par message, depuis la ville d’Idlib (nord-ouest de la Syrie), où elle réside.

Dans cette nuit d’apocalypse, glaciale, au cours de laquelle s’abat une pluie épaisse, Noura (elle n’a donné que son prénom) et les siens se réfugient dans une voiture. Choqués mais sains et saufs, ils découvrent bientôt l’ampleur du drame : « Des immeubles entiers s’étaient effondrés sur leurs habitants, des familles entières étaient mortes. » Le mari de Noura s’active pour assister les sinistrés.

Dans le nord-ouest de la Syrie sous contrôle rebelle, la région du pays la plus affectée par le désastre en raison de sa proximité avec l’épicentre, en Turquie, du séisme d’une magnitude de 7,8, suivi de plusieurs répliques, plus de 4 500 personnes ont été tuées, et plus de 10 000 autres blessées. Au moins 10 000 immeubles ont été détruits, et bien d’autres endommagés. Dans cette région où l’habitat avait été fragilisé par des années de frappes menées par les forces pro-régime, 265 000 personnes ont perdu leur logement, selon un décompte des Nations unies.

Sentiment profond d’abandon

Un an après, le traumatisme est toujours ancré chez Noura et ses enfants : « Nous avons peur d’un nouveau séisme, de perdre ceux qui nous sont chers, dit-elle. Nous avons cherché une maison plus sûre, car la nôtre a été endommagée et risquait de s’effondrer s’il y avait un nouveau tremblement de terre, mais nous n’avons rien trouvé. Nous avons demandé de l’aide pour que la structure de notre logement soit renforcée, sans succès. Nous avons dû épargner de l’argent pour réparer nous-mêmes les dommages », poursuit la mère de trois enfants.

Noura mesure sa chance par rapport aux sinistrés qui ont été contraints à trouver refuge dans des abris, « et pour qui l’aide a été totalement insuffisante ». Leurs tentes ont parfois été endommagées par le rude hiver en cours. Elle décrit un sentiment d’abandon profond parmi la population du Nord-Ouest syrien. Les fonds internationaux, abondants dans les premiers mois qui ont suivi le séisme, se sont taris, une fois passée la phase d’urgence.

Les données manquent sur le nombre d’habitants qui ont pu retrouver leur domicile. « Il n’y a pas de statistiques. Des Syriens sont toujours hébergés dans des camps établis après le séisme », note Oussama Al-Hussein, coordinateur des programmes en Syrie de l’ONG française de santé et de solidarité Mehad. A Jinderes, l’une des zones les plus affectées, il n’y a eu quasiment aucune reconstruction, selon l’agence Associated Press, et les ruines sont toujours visibles. Dans le Nord-Ouest, le soutien aux infrastructures endommagées n’a pas non plus été à la hauteur

Il vous reste 45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici