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Un film d’arts martiaux réveille la nostalgie du Hongkong d’avant la rétrocession à la Chine

LETTRE DE HONGKONG

La cité emmurée de Kowloon, enclave sans foi ni loi posée au beau milieu des Nouveaux Territoires de Hongkong, aujourd’hui détruite, a toujours eu une place spéciale dans la mémoire collective hongkongaise. Et c’est à ce lieu mythique, et à toutes les valeurs qu’il incarne a posteriori, que semble revenir le rôle principal dans le nouveau film d’arts martiaux du réalisateur Soi Cheang, Le Crépuscule des guerriers : à l’intérieur des murs, accueilli avec un immense enthousiasme par le public hongkongais.

Le jour de sa sortie, le 1er mai, le film a enregistré le plus grand nombre d’entrées jamais atteint pour une production locale. Au Festival de Cannes, Le Crépuscule des guerriers, projeté dans la section des Séances de minuit, a été applaudi pendant de longues minutes, ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps à un film hongkongais.

Le Crépuscule des guerriers a certes le goût d’une bonne vieille recette maison dont aucun ingrédient ne surprend : il y est question de courage, de destin brisé, de loyauté, de trahison, de la fin d’une époque, et de dettes bien sûr… d’argent, de sang ou d’honneur. Et conformément aux exigences du genre, le scénario est ponctué de scènes de combat tellement spectaculaires qu’on en oublie presque leur extrême violence.

Mais c’est plutôt pour ce que symbolise cette cité que le film a touché une corde sensible chez les Hongkongais de 2024, étouffés et bâillonnés depuis quelques années par de nouvelles lois qui ont considérablement limité leurs libertés.

Car la cité emmurée, surnommée la Cité des ténèbres, embuée dans sa réputation sulfureuse, était certes délabrée et insalubre, mais on la découvre aussi humaine et solidaire. Il régnait dans cette ambiance de jungle une liberté insolente où tout semblait possible, une liberté que les Hongkongais regardent désormais avec nostalgie.

« L’âge d’or des années 1980 »

« Le film a une résonance particulière non seulement parce qu’il permet au public de revivre le passé de Hongkong à l’âge d’or des années 1980, mais aussi parce qu’il arrive à un moment où la ville est à nouveau à un carrefour, en train de remodeler son identité dans un contexte de bouleversements politiques et sociaux sismiques », analysait l’éditorial du South China Morning Post du 29 mai.

« Pendant le tournage et les recherches, j’ai compris que la cité emmurée ressemblait un peu à la situation de Hongkong. J’ai choisi de situer le film en 1984 [année où a été signée la déclaration conjointe sino-britannique, qui a jeté les bases du transfert de la souveraineté de Hongkong du Royaume-Uni à la Chine en 1997] pour une raison précise. A l’époque, tout le monde se demandait “Qui suis-je ? Suis-je Britannique ou Chinois ?” », a déclaré Soi Cheang au magazine en ligne Zolima City Mag.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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