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« Je suis : Céline Dion », sur Prime Video : le douloureux chemin de croix d’une diva sans voix

PRIME VIDEO – À LA DEMANDE – DOCUMENTAIRE

La plongée crue dans l’intimité d’une star internationale de la chanson se dessine comme un nouveau genre du documentaire. Après l’embarrassant Joan Baez. I Am a Noise, sorti en salle mercredi 26 juin, séance thérapeutique à laquelle s’est prêtée la madone américaine du folk, voici Je suis : Céline Dion, mis en ligne sur Prime Video.

Après visionnage, on se demande comment la ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, a pu envisager que le rossignol québécois chanterait pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques à Paris. Une perspective aussi plausible qu’une éventuelle reformation de Daft Punk pour cet événement…

Le film de la réalisatrice américaine Irene Taylor se situe, en effet, dans le monde réel. Il montre le combat tragique de la chanteuse contre le mal rare dont elle souffre, le syndrome de la personne raide (SPR), qu’elle a révélé en décembre 2022, en annulant une tournée européenne qui avait déjà été reportée. Comme son Courage World Tour avait été interrompu en raison de la pandémie de Covid-19, Céline Dion n’a plus goûté aux plaisirs de la scène depuis un concert à Newark (New Jersey), le 8 mars 2020.

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Le SPR attaque son bien le plus précieux − sa voix − en entraînant une raideur des muscles de la gorge. Rien n’est épargné au spectateur de la souffrance de la quinquagénaire, filmée avec ses fils à son domicile de Las Vegas (Nevada) : ses crises de spasmes nécessitant une intervention médicale, sa posologie, son désespoir et ses larmes devant l’infortune… Jusqu’à une scène finale éprouvante – tremblements, raidissements et gémissements – avec le kiné. Ce voyeurisme questionne : « Je ne veux pas qu’on entende ça », avise la patiente, mais un dispositif a été mobilisé avec son aval pour la contrarier.

Quelques moments légers

Ceux qui ne seraient pas familiers de son œuvre ne risquent pas de s’instruire. Les archives n’interviennent que pour cruellement souligner le contraste entre hier et aujourd’hui, depuis qu’une adolescente québécoise grandie dans une fratrie de quatorze enfants rêva de « devenir une star internationale ». Ce qui fut largement exaucé, avec plus de 200 millions d’albums vendus dans le monde.

Le calvaire ménage heureusement quelques moments légers. Telle la visite dans l’entrepôt stockant les effets personnels de la star, qui prodigue un surprenant conseil : « Quand une fille aime ses chaussures, elles lui vont », assure-t-elle. Quelle que soit la taille. Un moment touchant montre Céline Dion écoutant La Callas chanter l’air Ebben ? Ne andro lontana, de La Wally, l’opéra d’Alfredo Catalani, puis montrer le collier ayant appartenu à la diva, que lui a offert son mari et imprésario René Angélil, mort en 2016. Le souvenir de l’homme qui avait découvert le phénomène en 1981 est évoqué avec moins de surprise quand résonne le cri a cappella avec saut de tonalité d’All by Myself.

La scène la plus intéressante la place face au micro pour les essais de voix de Love Again, une des cinq nouvelles chansons que la recluse a publiées en 2023 pour une comédie romantique où elle fait ses débuts à l’écran. Les aigus sont hors d’atteinte, le timbre est abîmé et l’enthousiasme de l’entourage ne parvient pas à la duper : « J’aime pas ça », maugrée-t-elle, en écoutant le résultat. Avant de se remettre au travail et de glisser la phrase que les fans attendaient : « Je n’arrêterai pas. »

« Je suis : Céline Dion », documentaire d’Irene Taylor (Etats-Unis-Canada, 2024, 102 min). Disponible à la demande sur Prime Video.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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