AccueilSportsJO 2024: du télétravail au programme des salariés de la région parisienne

JO 2024: du télétravail au programme des salariés de la région parisienne

Pendant les Jeux olympiques, « l’important, c’est de télétravailler » : le slogan s’affiche depuis lundi 29 janvier dans diverses gares et stations de métro d’Ile-France, une incitation de plus alors que les transports franciliens sont souvent présentés comme le talon d’Achille de l’événement sportif.

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Avec cette nouvelle campagne gouvernementale, les travailleurs franciliens sont prévenus, mais pas forcément surpris. Depuis plusieurs mois, pour éviter l’embolie des RER, bus et métro cet été, l’ex-ministre des Transports Clément Beaune et la présidente de la région Valérie Pécresse enjoignent « tous ceux qui le peuvent à télétravailler » pendant les Jeux olympiques, du 26 juillet au 11 août.

Lors des JO de Londres en 2012, un tiers des travailleurs londoniens étaient chez eux

Dans une lettre révélée par Le Canard Enchaîné, le préfet de la région Marc Guillaume avait prévenu que « les seuils de saturation seront régulièrement dépassés » pendant les Jeux pour 11 lignes de métro, cinq lignes de RER et cinq Transiliens. Lors des JO de Londres en 2012, un tiers des travailleurs londoniens avait dû rester chez eux pour soulager les transports publics. Pour les fonctionnaires (ils sont plus d’un million en Ile-de-France), une circulaire de l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne donnait déjà la couleur en novembre dernier.  Alors que les accords dans la fonction publique prévoient au maximum trois jours télétravaillés par semaine, Elisabeth Borne préconisait d’aller au-delà, en s’appuyant sur un article l’autorisant dans le cadre de « circonstances exceptionnelles ».

Outre le télétravail, les ministères pourront décider des aménagements d’horaires et imposer des congés. Les agents publics seront également autorisés à placer plus de jours de congés que d’ordinaire sur leur compte épargne temps (CET) en 2024.

Les hôteliers et les restaurateurs inquiets

L’incitation au télétravail formulée par le gouvernement ne fait pas consensus, en particulier du côté des hôteliers et les restaurateurs. « Pour nous, c’est grave d’appeler au télétravail. Ce sont des clients en moins », regrette Franck Delvau, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Paris Ile-de-France. « Nous avons vu ce que cela donnait pendant le Covid. Des restaurants, cafés et bars se sont retrouvés sans clientèle dans certains quartiers », continue-t-il. Et Il n’est pas certain que les touristes étrangers viendront combler ce manque à gagner. « On nous annonce seulement 1,1 million de touristes étrangers, or à Paris, un été normal, il y en a plus de trois millions », rappelle-t-il. Au Royaume-Uni, le nombre de touristes étrangers a été 5 % plus faible en août 2012 qu’en 2011, lors des Jeux olympiques de Londres, selon l’Office national des statistiques (ONS) britannique.

Selon le Code du travail, le télétravail ne peut être mis en place que si l’entreprise et le salarié sont tous les deux d’accord. En cas de circonstances exceptionnelles, l’employeur peut imposer le télétravail au salarié, même si celui-ci refuse. Les JO ne sont pas dans le champ des circonstances exceptionnelles. Seul un juge pourrait qualifier les Jeux de circonstance exceptionnelle, comme cela a déjà été le cas pour la période du Covid.

Si le gouvernement français souhaite imposer le télétravail, il peut le décider par ordonnance. Mais une telle décision pourrait déclencher des contestations politiques et syndicales.

Avec AFP

Source du contenu: www.rfi.fr

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