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La catastrophe écologique de la guerre de Gaza

Cela fait neuf mois que l’armée israélienne s’acharne sur la bande de Gaza sans plus aucun espoir d’atteindre, par cette poursuite des hostilités, les deux objectifs que lui a pourtant assignés Benyamin Nétanyahou, soit la « victoire totale » contre le Hamas et la libération des otages capturés le 7 octobre 2023.

Les bombardements israéliens exposent en effet à un très sérieux danger ceux des 116 otages qui sont toujours en vie. Quant à la milice islamiste, quelles que soient les pertes qu’elle a subies, elle les a largement compensées par le renfort de recrues avides de venger la mort d’un ou de plusieurs proches tués dans les frappes israéliennes.

Le bilan de cette guerre en roue libre ne cesse néanmoins de s’aggraver à Gaza, avec plus de 38 000 personnes tuées, soit un habitant sur soixante. Ce nombre de morts, déjà vertigineux, pourrait doubler ou tripler du fait de la combinaison dévastatrice entre la faim et les épidémies.

Un accès à l’eau de plus en plus compromis

Le défi colossal d’une telle urgence humanitaire ne doit pas faire oublier l’impact à moyen et long terme des hostilités en cours sur l’environnement dans la bande de Gaza. Ce territoire, où la densité de population est comparable à celle de Hongkong, connaissait déjà une forte pression sur les ressources naturelles, aggravée par le blocus imposé par Israël depuis 2007.

Les fréquentes coupures d’électricité avaient convaincu 20 % des foyers de passer à l’énergie solaire, tandis que l’Organisation des Nations unies (ONU) équipait écoles et hôpitaux d’installations photovoltaïques. Le wadi Gaza, soit la « vallée de Gaza », la plus grande zone humide de Palestine, avait été réhabilité durant de longues années de patient travail.

Tous ces efforts ont été balayés par des bombardements qui ont détruit plus de la moitié des infrastructures d’approvisionnement en eau et de gestion des eaux usées. Selon l’ONU, le volume de l’eau accessible par personne et par jour est tombé à quelques litres depuis ce printemps, à comparer à 85 litres avant le conflit en cours.

Une bonne partie du wadi Gaza a été ravagée, compromettant l’ensemble de l’écosystème qui en dépendait. Plus de la moitié des terres cultivables et un tiers des serres ont été touchés par les frappes de l’armée israélienne, avec destruction complète ou partielle. Deux tiers du cheptel a péri dans ces frappes ou a été abattu par anticipation, compromettant son renouvellement, tandis que la nourriture pour bétail devenait un complément alimentaire par défaut pour une population affamée.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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