AccueilInternationalLégislatives 2024 : après le soulagement, les principaux pays européens dans l’expectative

Législatives 2024 : après le soulagement, les principaux pays européens dans l’expectative

En Allemagne, Olaf Scholz s’est dit « soulagé » par l’issue des élections législatives françaises. « Cela aurait beaucoup compliqué les choses que le président français cohabite avec un parti populiste de droite. (…) Pour l’amitié franco-allemande, le résultat du scrutin est une bonne nouvelle », s’est félicité le chancelier social-démocrate (SPD), lundi 8 juillet, en marge d’un déplacement à Nuremberg.

Partagée par l’ensemble des partis de gouvernement outre-Rhin, la satisfaction de voir le Rassemblement national (RN) défait se double néanmoins d’une inquiétude, liée à la possible accession de La France insoumise au pouvoir. « Mélenchon est germanophobe jusqu’au bout des ongles. Dans ses tirades anti-allemandes et anti-européennes, il ne se distingue pas substantiellement de Marine Le Pen », a réagi Michael Roth, le président (SPD) de la commission des affaires étrangères du Bundestag dans un entretien au Tagesspiegel.

De façon générale, Berlin s’inquiète d’un risque de paralysie à Paris. « Ceux qui pourraient gouverner ensemble n’ont pas de majorité, et ceux qui s’approchent d’une majorité sont trop différents pour gouverner ensemble », s’est inquiété le député chrétien-démocrate Norbert Röttgen, spécialiste de politique étrangère au sein de la CDU, pour qui le Nouveau Front populaire est une « alliance de pure opportunité électorale, incapable de gouverner et dominée par une majorité d’extrême ». Selon lui – et l’analyse est partagée par de nombreux observateurs outre-Rhin – c’est le système politique de la VRépublique qui se trouve aujourd’hui menacé de blocage, au point d’« affecter Macron lui-même dans sa fonction de président ».

Pas de commentaires à Londres

Le tout nouveau premier ministre britannique, Keir Starmer, chef de file du Labour, n’a pas fait mystère durant sa campagne de sa volonté d’un « rapprochement » avec l’Union européenne (UE), après les années du Brexit, sans toutefois chercher à réintégrer le marché intérieur ou même l’union douanière. M. Starmer et son ministre des affaires étrangères, David Lammy, comptent donner des gages de cette bonne volonté dès le sommet de l’OTAN à Washington, du 9 au 11 juillet. Le fait que les Français ont refusé une majorité absolue au RN est donc un motif de soulagement pour Downing Street, même si la perspective d’un exécutif hexagonal paralysé ralentira probablement l’opération « reset » de Londres avec Bruxelles.

Le tout nouveau gouvernement britannique, qui s’est gardé de commenter la situation politique française au lendemain du deuxième tour des élections législatives, a déjà en partie tiré les conséquences de cette configuration inédite. La première visite du ministre des affaires étrangères, David Lammy, confirmé à son poste le 5 juillet, a été, dès le lendemain, pour Berlin. Il s’est ensuite rendu à Varsovie et à Stockholm, sans passer par Paris, pourtant le premier allié du Royaume-Uni en matière de sécurité et de défense.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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