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Législatives 2024 : nouveau gouvernement, session extraordinaire… Quel calendrier politique après le second tour ?

À l’issue du second tour des élections législatives, Emmanuel Macron pourrait choisir de prendre son temps pour nommer un nouveau premier ministre, si aucune majorité absolue ne se dégage dans les urnes.

Le brouillard devrait encore persister quelque temps. Après leur victoire surprise au second tour des élections législatives, dimanche soir, les principaux dirigeants du Nouveau Front populaire se sont déjà dits prêts à tenir le gouvernail. Selon les dernières estimations de l’Ifop, l’union des gauches devrait décrocher entre 180 et 215 députés, devant le camp présidentiel et le Rassemblement national. Trop loin pour obtenir la majorité absolue, mais assez pour devenir la première force du Parlement. « Le président de la République doit appeler le Front populaire à gouverner », a pressé Jean-Luc Mélenchon depuis le QG des Insoumis. Mais face à un Hémicycle éclaté en trois blocs, Emmanuel Macron reste le maître des horloges. Même la démission prochaine de Gabriel Attal, annoncée dimanche soir par l’intéressé, ne l’oblige à renommer dans l’immédiat un nouveau gouvernement.

Réélu facilement dans les Hauts-de-Seine, le chef du gouvernement s’est surtout plié à la tradition républicaine, selon laquelle un premier ministre doit quitter son poste au lendemain des élections législatives « Il pourrait être renommé dans la foulée », décrypte le politologue Benjamin Morel. Depuis le perron de Matignon, Gabriel Attal a toutefois glissé vouloir « assumer (ses) fonctions aussi longtemps que le devoir l’exigera ». Le chef de l’État veut quant à lui prendre le temps d’analyser la situation, fait-on savoir à l’Élysée. Il doit d’ailleurs s’envoler mardi soir pour le sommet de l’Otan à Washington, dont il ne reviendra que 48 heures plus tard, le 11 juillet.

Le calendrier devrait donc s’étirer au moins jusqu’à la fin de semaine. Même victorieuse, la gauche unie doit encore s’accorder sur le nom d’un premier ministre pour bâtir une équipe gouvernementale. Un choix repoussé à plusieurs reprises pendant les vingt jours de campagne, faute d’accords entre les quatre partis de l’alliance. Il leur faudra aussi chercher d’autres alliés dans l’Hémicycle, alors que leur majorité relative risque de les exposer très vite à une motion de censure. Autant d’équations à résoudre avant d’espérer la nomination d’un chef de gouvernement. Le dernier mot revient dans tous les cas au président, qui pourrait même choisir un autre premier ministre sur les bancs de la gauche que celui désigné par le NFP.

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Une nouvelle bataille stratégique

Difficile donc d’imaginer à ce stade un débouché aussi rapide que celui des élections législatives anticipées de 1997, au bout desquelles un gouvernement de cohabitation avait été trouvé en quatre jours seulement. Il n’empêche, Emmanuel Macron et les siens ne pourront pas éternellement jouer la montre : les députés siégeront dès le 18 juillet prochain et pourraient essayer de renverser d’entrée le gouvernement.

Avant cela, les parlementaires s’élanceront dans une nouvelle bataille stratégique : la répartition très politique des postes clés au Palais Bourbon. Là encore, un bras de fer devrait s’enclencher entre les trois principaux blocs pour respecter le rapport de force tiré des urnes. Dans l’après-midi du jeudi 18 juillet, les députés devront d’abord élire à bulletins secrets le nouveau président de l’Assemblée nationale, traditionnellement issu de la première force sortie des urnes. Pour devenir le quatrième personnage de l’État, qui a notamment le pouvoir de proposer le nom d’une personnalité pour intégrer le Conseil constitutionnel, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés à l’un des deux premiers tours du scrutin. Si aucun nom ne fait consensus au bout de trois jours, une simple majorité relative permet de trancher entre les prétendants encore en lice lors d’un troisième tour – le plus âgé d’entre eux étant élu en cas d’égalité des voix.

Plusieurs députés de gauche devraient faire acte de candidature. D’autres pourraient s’avancer sur la ligne de départ, dont la titulaire du perchoir depuis deux ans, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), qui a déjà fait part de son souhait d’être reconduite. La patronne par intérim de LR, Annie Genevard, pourrait elle aussi se faufiler dans un trou de souris, après avoir incarné la fronde contre le patron contesté de son parti, Éric Ciotti.

Des postes clés remis en jeu

Dans la foulée de cette élection tactique, le même jour, chaque camp devra transmettre avant 18 heures les déclarations politiques de leurs groupes, leur composition et le nom de leur président. Il leur faudra avant cela réunir au moins 15 députés pour bâtir une formation parlementaire, indispensable pour peser dans les débats et sur le fonctionnement de la Chambre basse. Dans le camp présidentiel, Gabriel Attal pourrait être tenté de ravir la présidence du groupe Renaissance, comme son collègue Gérald Darmanin, qui a déjà prévenu qu’il ne retournerait pas au ministère de l’Intérieur après les élections législatives.

Le lendemain, le 19 juillet, les six vice-présidents du Palais Bourbon seront à leur tour désignés par leurs collègues à la majorité absolue. Ils sont surtout chargés de remplacer au perchoir le président en son absence. Dans la même journée, les élus choisiront trois questeurs, dont l’un forcément issu des bancs de l’opposition, qui veilleront sur les finances de l’institution.

La vingtaine de députés, propulsés à des postes convoités, composera le bureau de l’Assemblée, sa plus haute instance exécutive. C’est ce collège d’élus qui décide notamment des sanctions contre leurs pairs lorsque des incidents perturbent une séance. À l’instar du député Insoumis Sébastien Delogu, exclu temporairement après avoir brandi en mai dernier un drapeau palestinien dans l’Hémicycle.

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Une session d’au moins quinze jours

Les tractations se poursuivront jusqu’au 20 juillet avec la répartition des parlementaires dans l’une des huit commissions permanentes. Pour chacune d’entre elles, un président devra ensuite être désigné parmi ses membres. La bataille s’annonce déjà acharnée pour prendre la tête de la très convoitée commission des finances, qui revient selon l’usage à un élu d’opposition. Le patron de cette instance peut notamment auditionner les ministres et les contraindre à rendre des comptes devant sa commission. Un siège prestigieux jusque-là détenu par l’Insoumis Éric Coquerel, dont l’élection avait à l’époque provoqué l’émoi de la droite et des nationalistes.

Le même jour, une première conférence des présidents se penchera sur le calendrier parlementaire des prochaines semaines, bousculé par la dissolution. En attendant d’y voir plus clair, les députés tout juste élus resteront sur les bancs de l’Assemblée pendant au moins quinze jours jusqu’au 2 août, en plein Jeux olympiques dans la capitale. La session pourrait encore être prolongée par décret du président de la République à la demande du premier ministre ou de la majorité des membres de la Chambre basse.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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