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Législatives en France: des milliers d’opposants à l’extrême droite sont mobilisés dans l’Hexagone

La France anti-RN défile ce 15 juin contre la perspective de sa victoire aux élections législatives anticipées du 30 juin et 7 juillet. Environ 200 manifestations sont prévues aujourd’hui et demain. La CGT dénombre 640 000 manifestants partout en France, dont 250 000 à Paris. La Préfecture de police en décompte 75 000 pour la capitale, 250 000 dans tout le pays. 

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Il y a une foule très impressionnante, constate notre envoyée spéciale dans le cortège de la manifestation parisienne, Sylvie Koffi. « Non à la haine ! », « Jordan, barre-toi de là », peut-on lire sur des pancartes bricolées en carton où ces slogans sont inscrits au feutre rouge et noir. « Tout le monde déteste qui ? Les racistes et les fascistes ! », scandent les manifestants qui chantent à tue-tête en dansant sur le pavé.

Des manifestants qui ont répondu présents à l’appel de tous les syndicats, des partis de gauche et des associations. Un total de 75 000 personnes ont manifesté samedi à Paris contre l’extrême droite à l’appel de syndicats, d’associations et de la gauche du « Nouveau Front populaire », selon les chiffres de la Préfecture de police, et 250 000 dans tout le pays. Quatre personnes ont été interpellées « à ce stade », a précisé la Préfecture de police. La CGT a dénombré de son côté 640 000 personnes au sein de 182 rassemblements en France, dont 250 000 à Paris.

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« L’alliance du Nouveau Front populaire fait du bien ici », lancent certains militants, même si certains expriment de la colère par rapport aux divergences et de la décision de LFI de ne pas réinvestir plusieurs figures opposées à Jean-Luc Mélenchon. « Aujourd’hui, ce n’est pas le moment de se diviser », explique un étudiant qui est venu avec ses amis faire « barrage aux idées racistes de l’extrême droite ». Il n’a que ça en tête et il appelle tous ses proches à voter.

À Marseille, on défile également contre le Rassemblement national

On bat également le pavé à Marseille. C’est un cortège très fourni de plusieurs milliers de personnes qui s’avance du Vieux-Port vers l’Hôtel de Ville et sur les rues attenantes, observe notre correspondante sur place Siam Spencer. Les manifestants continuent d’affluer, équipés de leurs pancartes sur fond de slogan anti-Rassemblement national et anti-fasciste. De nombreuses personnes brandissent dans l’air ces morceaux de carton. Dessus, on peut lire des slogans comme « Bardella, barre-toi de là », « l’histoire ne vous a rien appris » ou encore « Ruffin, président ».


Des milliers de personnes défilent sur le Vieux-Port à Marseille contre le Rassemblement national, le 15 juin 2024. © Daniel Cole / AP

Un cortège où l’ambiance est à la fois grave et festive, tandis qu’il progresse le long du Vieux-Port. Grave parce que beaucoup ici se mobilisent pour la première fois pour faire barrage « à l’extrême droite qui n’a jamais été aussi proche du pouvoir », disent les manifestants et joyeuse aussi parce que cette manifestation, beaucoup le disent, c’est celle de l’union des gauches et de l’espoir que celle-ci représente. Aurélia, rencontrée dans le cortège, avoue ne pas avoir voté depuis une dizaine d’années à cause de la division des gauches et se dit désormais « militante du Nouveau Front populaire ».

Néanmoins, il suffit de s’éloigner à quelques mètres du cortège pour voir de petits groupes de manifestants être rapidement hués par d’autres Marseillais, pour la plupart sympathisants du Rassemblement national.

Je fais partie de ces jeunes qui refusent le projet du RN. Je n’oublierai jamais que le RN est un parti qui a été fondu par des SS. Ce sont des gens qui ont toujours été dangereux.

À Angers, où la manifestation bat son plein, Elio, primo votant, explique pourquoi il manifeste

Léo Helaine

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Dans l’Ouest de la France, des dizaines de milliers de personnes défilent

À Rennes, les opposants à l’extrême droite, 25000 selon les organisateurs, 12000 selon la préfecture, se sont joints à la Marche des fiertés, où se mêlaient des drapeaux arc-en-ciel et palestiniens, et où on pouvait notamment lire parmi les pancartes « plus d’amour, moins de Zemmour ».

« La démocratie, on peut la perdre à tout instant », a prévenu Florence Audebert, 40 ans, ancienne intermittente du spectacle en reconversion. « J’ai souvent voté utile, Chirac en 2002 contre Jean-Marie Le Pen, Macron ensuite contre Marine Le Pen… Donc, je suis contente d’avoir des candidats de gauche pour qui voter pour ces législatives ! », a-t-elle ajouté.

 

Dans le cortège mêlant manifestation contre l'extrême droite et la Marché des fiertés à Rennes, le 15 juin 2024.
Dans le cortège mêlant manifestation contre l’extrême droite et la Marché des fiertés à Rennes, le 15 juin 2024. © Lou Benoist / AFP

Peu avant 16 heures, les premières tensions, au cours desquelles la police a tiré du gaz lacrymogène, ont éclaté au niveau de la place de Bretagne, selon un journaliste de l’AFP.

À Nantes, le cortège a réuni 15000 personnes selon les organisateurs, 8500 selon la préfecture, dont de nombreux jeunes. « Le RN c’est comme ton ex, il dit qu’il a changé, mais c’est faux », indiquait la pancarte d’un groupe d’étudiants.

Dans le cortège, une famille homoparentale, Chloé Mahouet-Pujol aux côtés de son épouse Natacha et leur fille de deux ans et demi en poussette, s’inquiète : « on est en train d’essayer d’avoir un deuxième enfant et on se demande ce qui va advenir des droits des personnes homosexuelles et LGBT+ ».

Vers 16h30, le cortège nantais s’est scindé en deux, une partie des manifestants est revenue au point de départ dans une ambiance bon enfant au son d’une fanfare, tandis qu’à une centaine de mètres des groupes de jeunes faisaient face à la police dans une fumée de lacrymogènes, a constaté une correspondante de l’AFP, avant que le calme revienne.

La préfecture de Loire-Atlantique a recensé cinq interpellations et « pas de dégradations majeures. »

Je fais partie de ces jeunes qui refusent le projet du RN. Je n’oublierai jamais que le RN est un parti qui a été fondu par des SS. Ce sont des gens qui ont toujours été dangereux.

À Angers, où la manifestation bat son plein, Elio, primo votant, explique pourquoi il manifeste

Léo Helaine

Source du contenu: www.rfi.fr

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