AccueilMode de vieL’engouement pour le « slow coffee » : de l’art de déguster un bon café

L’engouement pour le « slow coffee » : de l’art de déguster un bon café

Et si on prenait enfin le temps de déguster son café ? C’est la réflexion que je me suis faite l’autre jour, les yeux embués, en observant le serveur couler mon petit noir dans un bistrot de quartier. Sa gestuelle était machinale ; la chorégraphie bien rodée. Mon café fut servi en moins de deux minutes, top chrono – et il m’a fallu à peine trente secondes pour l’engloutir, en trois gorgées. Sous la fine couche de crème brunâtre qui s’était formée, la mixture avait une odeur de brûlé, accompagnée d’un fort goût amer, presque âcre.

Je ne suis pas spécialement snob en matière de café. J’affectionne cette boisson avant tout pour sa teneur en caféine, un stimulant auquel, comme beaucoup, je suis devenu accro. J’apprécie aussi le café en tant que boisson sociale : quand il me donne l’occasion de m’ancrer dans un lieu – le bistrot – et de m’immerger dans cette ambiance du matin au comptoir, une spécificité française, que le sociologue Pierre Boisard va jusqu’à qualifier de « pièce de théâtre » (La Vie de bistrot, PUF, 2016).

Mais, ce jour-là, je découvris que, si l’on était tous si pressés d’en finir avec notre « express » (de l’italien espresso, qui veut dire « très vite »), c’était probablement parce que l’on n’y prenait aucun plaisir – au sens épicurien du terme. Alors, je me suis fait une promesse : transformer la dégustation de café en un moment privilégié ; prendre le temps de siroter chaque gorgée comme un gastronome le ferait d’un bon verre de bourgogne ou d’un grand cru de thé. Depuis l’émergence des cafés dits « de spécialité », cette démarche, qui consiste à sélectionner des grains de café de qualité en provenance de terroirs certifiés (Ethiopie, Kenya en Afrique ou encore Colombie, Panama en Amérique latine) puis à les torréfier de manière artisanale, je savais qu’il était maintenant possible de goûter à des boissons aux saveurs complexes, pourvues de nuances aromatiques très diverses. Il ne me restait plus qu’à trouver le meilleur chemin pour y arriver.

Méthode douce

C’est comme cela que, de fil en aiguille, je suis tombé sur le concept de slow coffee (littéralement, « café lent »). Cette tendance, popularisée par un nombre toujours croissant de coffee shops en France et à travers le monde, prône justement le retour au café à l’ancienne – celui que l’on prend le temps de préparer soi-même. On parle également de méthode « douce », par opposition à la méthode mécanique – tout aussi rapide que brutale – à laquelle on a traditionnellement recours pour la préparation d’un expresso.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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