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Les femmes sont de moins en moins nombreuses sur les bancs de l’Assemblée nationale

À l’issue des élections législatives anticipées, les femmes ne représentent plus que 36% des 577 députés. Un taux en baisse, justifié par certains par l’urgence de la campagne.

Un nouveau coup dur dans la lutte pour la parité au sein des institutions de pouvoir. D’après les chiffres publiés lundi par le ministère de l’Intérieur, la nouvelle Assemblée élue le week-end dernier ne compte que 208 femmes. Elles représentent donc 36% des 577 députés fraîchement élus. Un pourcentage en baisse par rapport aux précédentes législatives. C’est par ailleurs la première fois en 50 ans qu’il y a un pourcentage plus faible de députées que de sénatrices. Ces dernières représentent en effet 36,2% des 348 sénateurs nommés après les élections sénatoriales de 2023.

En 2017, le nombre de femmes élues pour siéger à l’Assemblée nationale atteignait un taux historique : elles étaient 224 députées, soit 38,8% de l’hémicycle. Mais une baisse s’observait déjà aux élections législatives de 2022 puisque 215 femmes avaient alors été élues, représentant 37,3% de l’hémicycle. Cette même année, Yaël Braun-Pivet était tout de même devenue la première femme à présider l’Assemblée nationale. Même si le taux obtenu ce dimanche 7 juillet est le troisième plus haut de la Vème République, la féminisation au sein du Palais Bourbon stagne.

Différences au sein des partis

Pour ce deuxième tour des élections législatives anticipées, les femmes ne représentaient que 41,1% des 4009 candidats en lice. Et si aucun des différents partis politiques n’a présenté autant de candidates que de candidats, certains approchaient plus la parité que d’autres. À la veille du premier tour, La France Insoumise présentait ainsi 117 hommes et 116 femmes, avec un score de parité presque parfait. Au sein du Rassemblement national (RN), 47,6% des candidats étaient des femmes, contre 43,5% pour le camp présidentiel.

Le Parti socialiste et les Ecologistes-EELV comptaient aussi plus d’hommes que de femmes, avec respectivement 45,3% et 46,7% de candidates. Chez les Républicains (hors «ciottistes» alliés au RN), elles ne représentaient que 32,8% des investis.

Dans la nouvelle chambre basse du Parlement, c’est au sein du Nouveau Front Populaire (NFP) que la part de députées est la plus importante, puisqu’elles représentent 40,4% des élues. Les femmes représentent 40,2% des députés du camp présidentiel, et 32,2% des élus du Rassemblement national (RN) et de leurs alliés. Les pires élèves sont les Républicains (hors «ciottistes» alliés au RN), qui n’ont fait élire que 30,8% de femmes.

Les femmes victimes de l’urgence ?

N’ayant eu que quelques jours pour investir des candidats, les femmes ont été victimes de l’urgence dans laquelle étaient plongés les différents partis. Le recul final du nombre de députées élues «tient en partie aux conditions et au contexte dans lequel la dissolution a eu lieu, avec des partis politiques qui ont essayé de sauver les meubles en présentant des sortants, et c’est plutôt des candidats masculins», expliquait à l’AFP Sandrine Lévêque, professeure en science politique à Lille. Et cela se voit sur les résultats puisque 408 députés de la précédente assemblée ont été réélus.

Les partis politiques qui n’ont pas respecté la parité (avec une marge de 2% de différence) seront cependant pénalisés. En effet, depuis la loi du 6 juin 2000, les différents groupes sont tenus d’investir un nombre équivalent de candidats et de candidates aux législatives. Si l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes investis dépasse 2% du nombre total de ces candidats, les partis se voient infliger des sanctions économiques, sous forme de retenue sur leur dotation financière. Plusieurs partis avaient déjà été sanctionnés en 2022. Les Républicains avaient notamment écopé d’un malus de près d’1,3 millions d’euros.

Selon le classement établi par l’Union interparlementaire (UIP), l’Andorre compte 50% de femmes dans son Assemblée, la Suède 46,7% et l’Espagne 44,3%.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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