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Les jobs d’été, miroir des inégalités sociales parmi les étudiants : « T’arrives en septembre à la fac et t’es cassée de partout »

« Ma bourse de 179 euros par mois s’arrête de juin à septembre. En attendant, comment je fais pour payer mon loyer ? », s’agace Maxence (le prénom a été changé), 20 ans, en licence de sociologie à l’université de Montpellier. Issu d’un milieu modeste, l’étudiant a coupé les ponts avec sa mère, et son père, ouvrier, ne peut pas l’aider. Il enchaîne donc les postes de livreur ou de caissier durant l’été. En 2023, il travaillait dans une usine de boîtes alimentaires en plastique où il faisait les trois-huit afin d’assumer la production vingt-quatre heures sur vingt-quatre. « Ce monde m’était déjà familier, mon oncle et mon père bossaient à l’usine. Eux, ils vivaient ça toute l’année », précise le jeune boursier sans se plaindre.

Pendant deux mois, ses journées consistaient à ranger des boîtes alimentaires dans des cartons. « Le plastique était hyper chaud et j’avais plein de microcoupures sur les mains à force de les saisir sans gants », se souvient-il. Ses collègues lui en prêtaient lorsqu’il fallait récupérer des bouts de plastique restés coincés à l’intérieur des machines.

En plus des tâches répétitives, lui et son équipe supportaient des températures frôlant les 40 °C, en raison du manque d’isolation des vieux bâtiments. « On nous conseillait d’être en sous-vêtements sous nos combinaisons, mais c’était assez limite en termes de sécurité », rapporte Maxence, qui devait aussi composer avec des contrats signés en retard et renouvelés toutes les deux semaines. Cet été, il sera livreur Uber Eats en attendant une réponse de l’intérim.

Maxence fait partie des 56 % d’étudiants à occuper un emploi durant les vacances scolaires, selon l’enquête réalisée par l’Observatoire national de la vie étudiante en 2023. Parmi eux, 28 % ont uniquement travaillé l’été. « Le monde étudiant s’est beaucoup transformé du fait de la massification des études. Ainsi, la proportion de ceux qui travaillent augmente, avec des profils de plus en plus diversifiés », détaille Elise Tenret, sociologue à l’université Paris-Dauphine. Par ailleurs, la précarité ainsi que l’augmentation du coût de la vie jouent également un rôle : « Les jeunes qui exercent une activité concurrente des études pendant l’année restent moins favorisés que les autres. »

Décrocher un contrat estival

Sur son site, la CFDT liste les problématiques liées aux jobs d’été comme les difficultés à trouver un logement pour la saison ou les heures supplémentaires impayées. Reste aussi à décrocher un contrat estival, ce qui n’est pas simple, à en croire les étudiants interrogés.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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