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L’œil de l’INA : Jean-Pierre Descombes, la France des Jeux de 20 heures

L’animateur de télévision nous a quittés le 3 juin 2024. Durant 21 ans il a été l’âme d’une des émissions les plus célèbres du PAF. Madelen vous propose de revoir les quelques passages mémorables.

La nostalgie est palpable dans les innombrables témoignages du grand public après la disparition de Jean-Pierre Descombes, des suites de la maladie de Parkinson. Sa présence quotidienne dans les villes de France où se déroulaient les Jeux de 20 heures demeure, dans la mémoire collective, l’un des symboles d’une France où il faisait bon vivre . Entre le 22 mars 1976 et le 23 janvier 1987, ce rendez-vous familial a réalisé la performance de rivaliser très régulièrement avec les audiences des Journaux Télévisés de 20 heures. La bonne humeur de Jean-Pierre Descombes y est sans doute pour beaucoup. Sa popularité était telle qu’à l’occasion du 8e anniversaire de l’émission, il a enregistré Super 20 heures, une chanson quasiment autobiographique.

Madelen vous propose de découvrir ou de redécouvrir cette séquence au cours de laquelle il évoque, en filigranes, un parcours qu’il doit à Jacques Antoine, le créateur de ce rendez-vous quotidien. Leur première rencontre remonte au début des années 70. Descombes, qui est en train de terminer ses études, gagne son argent de poche en étant, pendant l’été, le caissier et le « Monsieur Loyal » d’un cirque itinérant. Un jour, le producteur des Jeux de 20 heures, qui dirige aussi les programmes de Télé Monte Carlo, débarque sur la piste afin de superviser la sélection des candidats pour Chapeau, un jeu qu’il s’apprête à lancer. Il remarque le bagout et l’énergie du jeune homme et lui propose de rejoindre son équipe de la Principauté. C’est ainsi que deux ans plus tard, après avoir terminé ses études de droit, Jean-Pierre Descombes devient l’homme à tout faire de cette chaîne régionale. Il effectue ensuite son service militaire. Dès son retour à la vie civile, il est engagé pour animer le podium itinérant d’Europe n°1. L’aventure qui se poursuit pendant deux étés s’accompagne d’interventions sur l’antenne en duplex avec les candidats qu’il a sélectionnés pour les jeux quotidiens de Pierre Bellemare Déjeuner Show.

C’est ainsi que l’idée d’en faire l’animateur itinérant des Jeux de 20 heures devient une évidence. En quelques mois, celui qu’en coulisses on surnomme affectueusement « Petite tête » devient l’homme dont la simple apparition soulève les foules. Dès l’arrivée des cars de FR3 dans une ville, les photographes amateurs se précipitent vers lui. Les officiels l’accueillent en lui offrant une affiche, une poterie ou tout objet symbolisant l’histoire de la région. Entre deux autographes, il commence sélectionner les candidats qui interviendront à l’antenne. Bien entendu, les personnages pittoresques, voire truculents sont choisis en priorité. Son choix se porte aussi sur celles et ceux ayant des réflexes suffisants pour ne pas s’effondrer dès les premières phrases du « Ni oui, ni non ». Il veille également à ce que chacun des postulants dispose d’un niveau de culture suffisant pour participer aux épreuves d’orthographe et de grammaire ainsi qu’au « jeu du dico », arbitré depuis Paris par Maître Capelo. Il profite enfin d’une pause pour répondre aux questions du rédacteur du journal local, partenaire de l’émission, avant de s’atteler au commentaire du petit film présentant la ville, traditionnellement diffusé entre deux épreuves.

En une décennie, son rôle ne va jamais cesser d’évoluer. Tout au long de la première saison, il a assuré le service minimum, en donnant la parole au maire avant de conclure l’émission par la présentation d’un groupe folklorique. Très vite , les responsables des maisons de disques ont compris qu’un passage en direct de l’une ou l’un de leurs artistes était susceptible d’entraîner des ventes importantes. C’est ainsi que les têtes d’affiche du hit-parade ont commencé à assurer des déplacements qui se sont terminés par de très longues séances de dédicaces devant deux à trois mille personnes en moyenne.
Grâce aux Jeux de 20 heures, Jean-Pierre Descombes a découvert la France jusque dans ses plus petits villages. Il a également vécu des moments d’exception, parmi lesquels une série d’émissions sur le porte-avions Clémenceau ou avec les pilotes de la Patrouille de France . Le plus difficile pour lui était d’interrompre le discours d’un élu quand il lui tendait le micro. Avec leur accord, il avait établi un code : il se plaçait derrière eux, et quand il sentait qu’il était temps de conclure, il avançait discrètement la main vers eux. Ce qui lui avait fait dire un jour, en souriant, « je crois avoir pincé les fesses des plus grands de ce monde »

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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