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Matières premières : « Les arboriculteurs se refont la cerise »

Le temps des cerises, c’est maintenant. Les petites boules rouges ont déboulé dans les supermarchés début mai et devraient prolonger leur séjour jusqu’à fin juillet. Mais pour s’offrir ces pendants d’oreille, encore faut-il avoir de l’oseille. Bénéficier de ce plaisir fruité, revient à débourser près de 10 à 12 euros le kilo. Le fruit précieux est d’ailleurs souvent acheté à la livre ou à la poignée pour ne pas trop dépenser. La shrinkflation s’invite au rayon fruits de saison de la distribution.

Selon le ministère de l’agriculture, le cours de la cerise était, en mai, aussi élevé qu’un an plus tôt. En 2023, il a oscillé entre 9 et 12 euros le kilo dans les magasins au fil de la campagne, en progression de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. Et n’a pas été écrabouillé par les 8 000 tonnes de fruits importées, majoritairement d’Espagne, mais aussi de Belgique. Sachant que le consommateur paye le double du prix versé au producteur. A ce tarif, les arboriculteurs se refont la cerise. Même si tout n’est pas rose au pays du fruit rouge.

Le ministère qui tente l’exercice d’équilibrisme de la prévision de récolte, tablait début juin, sur une production française en rebond de 10 % sur un an à 37 000 tonnes. Une perspective corrigée par Jean-Christophe Neyron, producteur à Malemort-du-Comtat (Vaucluse) et président de l’Association d’organisation des producteurs de cerises de France. « Nous avons eu une météo compliquée avec du gel tardif, des chutes de fruits et des maturités étalées sur les arbres qui ont compliqué la cueillette en début de saison », explique-t-il avant de pronostiquer un volume de production stable sur un an, même si la situation s’est améliorée à partir de la mi-juin.

Des dérogations

Les surfaces des vergers de cerisiers français sont, quant à elles, plutôt stabilisées. En tout cas, elles n’ont pas été ratiboisées. Et pourtant, souvenez-vous, il y a peu de temps encore, alors que la colère agricole éclatait, certains n’hésitaient pas à agiter, une nouvelle fois, le chiffon rouge de leur disparition en France. Condamnée, disaient-ils par la suppression de pesticides jugés dangereux pour la santé, comme le diméthoate puis le phosmet, interdit par l’Union européenne en 2022. Les cerises ont été noyautées. Erigées en symbole des filières annoncées en danger, face au couperet de l’interdiction de produits phytosanitaires.

Cette année, le gouvernement a donné des dérogations de 120 jours pour l’usage d’autres insecticides, comme Exirel et Success4, pulvérisés sur les fruits. L’enjeu : lutter contre la mouche asiatique Drosophila suzukii, véritable bête noire des arboriculteurs, depuis une quinzaine d’années. Et des moyens accrus ont été accordés aux chercheurs pour trouver des solutions moins toxiques. Filets de protection sur les arbres, huiles essentielles, miniguêpes croqueuses de larves de mouche, pulvérisation d’argile… Les pistes sont multiples. Et pour les nostalgiques d’une culture moins technique, plantez votre cerisier dans votre jardinet !

Source du contenu: www.lemonde.fr

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