AccueilMode de vieChez SuperChina, un voyage spatio-temporel

Chez SuperChina, un voyage spatio-temporel

S’il est connu pour avoir cofondé la chaîne à succès de burgers PNY, c’est dans l’architecture et le design que le diplômé d’HEC se fait un nom depuis deux ans. Après avoir œuvré comme directeur artistique de ses adresses street food où il a appris sur les chantiers auprès de noms de l’architecture comme Bernard Dubois, Rudy Guénaire a fini par lancer sa propre agence en 2022.

Depuis, le Parisien a signé le décor de certains PNY, une ligne de mobilier et SuperChina, un traiteur chinois situé dans le 10e arrondissement de Paris ouvert en février 2024. Des créations toujours dessinées au crayon – sans 3D ou logiciels – inspirées de la littérature, du cinéma et de la photographie.

La façade de SuperChina évoque celle de la vitrine traditionnelle d’un antiquaire de la rue Da Sha La, à Pékin, photographiée en 1965 pendant la Chine de Mao par Marc Riboud. « Le danger quand l’on travaille sur une autre culture, c’est de tomber dans le kitsch. Or, cette vitrine a une élégance pauvre avec sa modeste façade en bois rendue chic par les arrondis ; et ses encadrements qui font que chaque fenêtre révèle une saynète. Tout encadrer est typique chez les Chinois et les Japonais. »

La rue Da Sha La vue à travers la vitrine d'un antiquaire, Pékin, 1965, par Riboud Marc (1923-2016).

L’architecte s’inspire aussi de l’ultra moderne ville de Chengdu « à la fois horrible et fascinante avec son métro futuriste – sans chauffeurs et aux motifs cellulaires – qui a un côté “fin de la civilisation” et ses jeunes branchés qui se filment au ralenti marchant dans la rue, parfois en hanfu – un habit traditionnel – et en Vans sur un skate », s’enthousiasme l’architecte devant leurs vidéos TikTok.

Alors, avec SuperChina, Rudy Guénaire respecte le passé et embrasse le futur. Le trentenaire délaisse le bois de la façade pour l’acier et ajoute un laquage blanc brillant. Les plats classiques de la cuisine chinoise (bao, porc au caramel ou bœuf aux oignons imaginés par la cheffe Shan Rachel Jiang, ex-tête chercheuse de la Bao Family) sont exposés dans des « boudins » chauffants ou refroidissant aux allures de hublots, dans lesquels il suffit de glisser la main pour récupérer son repas déjà chaud.

« J’ai eu une fascination pour les fenêtres et les frontières. Là, grossièrement, avec ces frigos, c’est comme si la Chine était dedans et la France dehors. Pour moi, la cabine – de train, d’avion, de bateau – est la chose la plus parfaite sur terre. Un petit chez soi où le hublot permet de s’évader. En observant l’extérieur, l’intérieur devient encore plus intérieur. » Finalement, le traiteur chinois prend une autre dimension, celle d’un vaisseau spatial en self-service où l’immense cuisine ouverte fait office de cockpit.

SuperChina – 66 rue du Faubourg Poissonnière, Paris 10e – 09-84-22-89-07 – Ouvert du lundi au vendredi de 11 h 30 à 14 h 30 et de 18 heures à 21 h 30.

Réutiliser ce contenu

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici