AccueilMode de vieHaute joaillerie : les bijoux n’en font qu’à leur tête

Haute joaillerie : les bijoux n’en font qu’à leur tête

Chez les joailliers de la place Vendôme, l’épaisseur du chiffre d’affaires tient beaucoup aux ventes de bagues et de boucles d’oreilles. Mais ce sont les pièces spectaculaires avec « une plus large surface d’action » (c’est-à-dire avec plus de matière pour montrer l’étendue de son savoir-faire), comme jargonnent les responsables marketing, qui prennent davantage la lumière. Tandis que les colliers font toujours sensation et que les broches vont crescendo, voici que les bijoux « de tête », gloires des XIXe et XXe siècles, (re)gagnent en visibilité, comme l’ont montré les collections présentées du 22 au 26 janvier à Paris.

Maître du diadème, Chaumet en défend la spécificité, quand bien même les impératrices ne courent plus les rues de nos jours. A travers une collection ramassée et gracieuse, inspirée par les envols d’oiseaux, la maison déploie des plumes en or piquées de diamants ou en or ciselé ou guilloché. Au-delà du diadème surgissent une barrette pour les cheveux façon nuées d’hirondelles ou des bijoux à poser à l’arrière de l’oreille et d’où s’étire un plumage d’oiseau de feu quasiment jusqu’au sommet du crâne.

L’ensemble emprunte aux codes classiques des archives : une broche à diamants briolettes de 1846 ou une autre, relevée de rubis framboise, en forme de chimères en plein vol de 1901. Mais le studio de création parvient à ne pas se laisser plomber par le poids exalté de ce patrimoine : les plumes fuselées offrent une vraie impression de mouvement, et le choix limité à l’or et aux diamants permet une pureté bienvenue.

Des panthères en pierres précieuses

En vingt-cinq ans de carrière chez Dior, Victoire de Castellane n’a jamais cédé à la mièvrerie. Si son univers onirique se peuple de fleurs naïves et de tendresse, une ironie piquante et une façon espiègle de désacraliser le précieux viennent toujours offrir un contrepoids. On n’attendait pas d’elle un diadème, cet archétype romantique ? Elle y cède pourtant deux fois plutôt qu’une.

Le premier est dominé par des arches sophistiquées mais parcourues, en contraste, par des diamants baguette (rectangulaires). Il côtoie, dans cette collection en 79 nouveautés sur le thème de la délicatesse, les colliers en or et diamants à rangs de fleurs, de fleurons ou de chaînes, qui imitent les galons ou les broderies des ateliers de couture, ou une bague quasi cubiste sur laquelle se chevauchent des diamants jaunes.

Le second diadème est plus subtil à repérer, puisqu’il s’agit en fait d’un collier plastron à double rang, frappé d’un diamant taille kite (en forme de cerf-volant). Une fois fixé à une structure métallique comme un serre-tête, celui-ci mute et se hisse au-dessus de la chevelure.

Un caprice deux-en-un pour néo-duchesse au portefeuille bien doté dont Cartier use également sur un collier anguleux de diamants et saphirs. L’effet est bluffant : par un système de construction ingénieux et dissimulé, il se révèle aussi souple sur le décolleté que rigide une fois retourné et porté sur la tête, un saphir de Ceylan de 29 carats au centre, en majesté, pour couronner le tout. Pour le reste, dans des colliers comme des entrelacs sensuels ou nets comme des lignes brisées, Cartier déploie sa maîtrise d’exécution et ses signatures : des panthères en pierres précieuses, des cabochons de corail ou d’émeraude, de la turquoise en billes ou des traits nets d’onyx pour accompagner les diamants, comme du khôl soulignerait un regard étincelant.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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