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Le tapis sort de l’ombre : « Autour de lui, on peut construire la décoration d’une pièce entière »

Du trottoir, l’œil est attiré par une œuvre abstraite de grand format accrochée au mur d’une boutique du boulevard Saint-Germain, à Paris. Un tapis tissé main en laine de Nouvelle-Zélande où, sur un fond écru, se découpent un rond beige, des lignes perpendiculaires aux traits noirs plus ou moins épais et un carré bleu marine. Avec son modèle De Stijl, Eileen Gray (1878-1976) avait imaginé, il y a cent ans, cet équilibre parfait de formes géométriques qui vient d’être réédité par l’allemand ClassiCon.

La pièce, ainsi que trois autres modèles de la célèbre architecte et designer irlandaise, était présentée à Paris, fin janvier, au showroom Silvera, à l’occasion de Paris Déco Off, une semaine de présentation des éditeurs et créateurs de la décoration, baromètre des tendances. A quelques centaines de mètres de là, les toutes jeunes maisons Rhizomes et Edition 1.6.9 exposaient leurs tapis d’artistes contemporains dans des galeries du quartier.

Au même moment, au nord de Paris, la designer Jenna Kaës, sélectionnée par un jury d’experts comme l’un des cinq talents français émergents, faisait sensation au salon Maison & Objet avec ses tapis néogothiques en moquette de polypropylène brûlée au chalumeau et empiècement de fourrure de mouton verte recyclée.

Tapis De Stijl, d’Eileen Gray, réédité par ClassiCon.

Le tapis renoue depuis peu avec le succès et redevient un objet de créativité, comme cela a été le cas au XXe siècle et particulièrement pendant la période Art déco. A partir des années 1920, les décorateurs ont invité des artistes contemporains à créer des pièces en rupture avec les motifs classiques, rappelle Cécile Tajan, responsable des ventes design chez Sotheby’s. Une recherche que les récentes rééditions d’Eileen Gray, chez ClassiCon, donc, mais aussi de Paule Leleu (Maison Leleu), d’André Arbus (Manufacture Cogolin) ou de Charlotte Perriand (CC-Tapis) mettent en lumière. Et que poursuivent les designers contemporains.

Une dimension narrative

A la faveur de l’engouement actuel pour l’artisanat et du retour en force des motifs, de la couleur et du goût pour les atmosphères narratives dans les intérieurs, le tapis tout sauf passe-partout vient retrouver sa place au centre du décor, note Florence Bourel, directrice artistique de la maison française Toulemonde Bochart, dont le chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter depuis dix ans, avec une accélération ces trois dernières années.

« Alors qu’il n’était qu’un accessoire de confort, souvent uni et beige, il devient depuis peu une œuvre d’art, une signature, une affirmation de son goût personnel. Autour de lui, on peut construire la décoration d’une pièce entière », renchérit la décoratrice et distributrice de mobilier contemporain Claude Cartier, qui vend régulièrement des pièces entre 5 000 et 13 000 euros dans sa boutique lyonnaise, ce qui ne lui arrivait quasiment jamais auparavant.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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