AccueilMode de vieL’Institut d’Artois, un salon de beauté au poil

L’Institut d’Artois, un salon de beauté au poil

Parquet ancien qui craque, moulures, cheminée et cuisine… C’est un appartement cossu, mais cosy et accueillant comme à la maison, situé au rez-de-chaussée d’un immeuble haussmannien situé à un jet de pierre du parc Monceau. Isabelle Gonthier y a installé son institut d’épilation il y a un peu plus d’un an. Avant, l’Institut d’Artois était situé… rue d’Artois, au numéro 38 bis. La formidable aventure de l’institut d’épilation le plus célèbre de Paris a démarré en 1998. Flash-back.

Tout juste sortie de l’école d’esthétique, Isabelle a commencé à exercer chez Antoinette Pfefferkorn, avenue George-V, en 1983. « Cette femme de tempérament a eu une idée de génie : ouvrir un institut d’épilation dans les combles de l’immeuble qui abritait le cabaret du Crazy Horse. » Evidemment, la première clientèle était toute trouvée et la publicité facilement assurée. « Les femmes venaient chez nous avec, en tête, le maillot des filles du Crazy », s’amuse Isabelle.

Pendant quinze ans, Isabelle a croisé le Tout-Paris du showbiz et des médias dans cette chambre de bonne aménagée. Cette période a conditionné la suite. Isabelle, pourtant formée à l’esthétique, c’est-à-dire aux soins du corps et du visage, au massage, ne pratiquera jamais que l’épilation et rien que l’épilation. Sa technique signature ? La cire traditionnelle (recyclable), appliquée chaude à la spatule sur la peau. Les bacs mijotent dans les deux cabines fermées simplement par un rideau. Avant même de pousser la porte, on sent déjà cette odeur miellée et ambrée délicieuse.

« Patronne chérie »

A Paris, les instituts se ressemblent tous. Des cabines impersonnelles où l’on chuchote. Et à la manœuvre, de jeunes esthéticiennes qu’on commence à peine à connaître qu’elles sont déjà parties. Isabelle travaille en duo avec Nadia Chariot depuis les années « Antoinette ». « Nous étions collègues et puis je l’ai embauchée au moment où j’ai monté ma propre affaire. Elle m’appelle “ma patronne chérie” pour me charrier. » En réalité, aucun rapport de subordination dans cette amitié-là. Le tandem professionnel aux airs de vieux couple s’interpelle d’un bout à l’autre de l’appartement comme dans un sketch. L’une commence une phrase que l’autre se plaît à terminer. Rien ne change vraiment dans ce petit repaire de quiétude.

Isabelle Gonthier (à gauche) et sa collègue, Nadia Chariot (en janvier 2024, à Paris). L’Institut a fait de l’épilation à la cire traditionnelle sa technique signature.

Les prises de rendez-vous se prennent uniquement au téléphone. « J’ai le numéro de toutes mes clientes, celles qui sont systématiquement à l’heure et celles qui arrivent généralement en retard. Je peux ainsi recaler les rendez-vous au fur et à mesure de la journée. » La vague du laser et de l’épilation définitive aurait dû avoir la peau de l’Institut d’Artois. Pas plus que le « januhairy » (le mois sans épilation), la technologie moderne n’a fait du tort à l’activité. La pandémie de Covid-19 et l’habitude du télétravail, c’est autre chose. « Le temps s’est dilaté. Les femmes ne sont plus à une semaine près pour venir se faire épiler », constate Isabelle.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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