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Wight, une île taillée dans le rock

« Ça s’est passé dans ce champ ! » Shirley Thornton sourit à l’évocation de la première édition du Festival de l’île de Wight, en 1968. Sa ferme plantée au milieu des blés, à Whitwell, appartenait alors au fermier Jimmy Flux, qui loua un bout de terrain, surnommé « Hell Field », le « champ de l’enfer », par la presse de l’époque. Trente livres sterling suffirent aux frères Foulk, les trois organisateurs, pour faire entrer dans la légende l’un des plus importants festivals de rock, après Woodstock. Sa renommée dépassera de loin les contours de l’île en forme de diamant, située au sud des côtes de l’Angleterre. « Certaines personnes viennent ici pour se remémorer ce moment », ajoute Shirley Thornton, qui a transformé l’ancienne bâtisse en maison d’hôte.

A quelques dizaines de kilomètres de là, près de Freshwater, Brian Hinton a assisté en 1970 à la troisième édition du festival, qui n’a ensuite repris qu’en 2002 dans la petite ville de Newport. C’était la première fois qu’il mettait les pieds sur cette île de la Manche, parmi un public de plus de 500 000 personnes, alors que Wight ne comptait qu’une centaine de milliers d’habitants. Peut-on imaginer plus fort contraste que celui entre la vieille Angleterre conservatrice et les hippies du Flower Power débarquant en masse des ferrys à l’embarcadère de Ryde ? « Du jamais-vu dans le pays ! Je me souviens de la voix magnétique de Jim Morrison, du jazz électrique de Miles Davis et de Joni Mitchell dans sa robe jaune nous expliquant qu’on se comportait comme des touristes ! », se rappelle celui qui est aujourd’hui conservateur du Musée Dimbola, à Freshwater.

Ce musée singulier, qui se tient dans la demeure éponyme de Julia Margaret Cameron (1815-1879), présente l’œuvre de la photographe ainsi que des images de Charles Everest retraçant l’épopée hippie du Festival de l’île de Wight en 1970. « Jimi Hendrix et Julia Margaret Cameron étaient tous les deux des génies, ils savaient saisir l’âme des gens », s’enflamme Brian Hinton. Derrière nous, dans le café de l’institution, Patsy Carter, une voisine écoutant notre conversation, nous fait part de ses souvenirs avec des trémolos dans la voix : « J’ai vu Bob Dylan en 1969. C’était magique ! »

L’île, avec sa lumière irréelle et la blancheur de ses falaises, aurait-elle inspiré cette magie musicale ? Notre façon d’aller à sa découverte à vélo nous le fait croire, et nous ramène en tout cas à cette légèreté, à ce parfum d’évidence évoqué par le titre de Michel Delpech, Wight is Wight, ou par celui des Beatles, When I’m Sixty-Four.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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