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Musique latine : les cinq temps forts de l’été

Tempo Latino, la grande messe de la musique latine

Tempo Latino annonce une programmation « copieuse et enlevée, toujours surprenante. » Riche et variée sans aucun doute. Surprenante ? L’édition 2024 semble surtout être taillée sur mesure pour les aficionados. Qui s’en plaindra ?

Déroulons le programme…

On ne fera pas au lecteur l’affront de lui présenter Sergent Garcia. Le vétéran de la scène latino alternative qui fête vingt-cinq ans de carrière avec la tournée Salsamuffin Tour n’oubliera pas de passer par Vic-Fezensac pour l’ouverture des festivités.

Roberto Fonseca à Tempo Latino : Voilà un événement qu’on attendait depuis longtemps. 2002 très exactement, année où le Cubain, alors jeune pianiste, accompagnait les augustes Omara Portuondo et Orlando « Cachaíto » López. C’est un musicien à la renommée internationale qui fait son retour à Vic-Fezensac. Comme vous pourrez le lire plus loin, le projet La Gran Diversión a toutes les qualités requises pour enflammer les arènes.

Avec un vendredi cubain, un samedi mambo, un dimanche explosif plus le off, Sergent Garcia et du latin jazz à l’église, Tempo Latino fait sa fête à la musique afro-caribéenne

Révélation de la scène parisienne du début des années 2000, Raúl Paz faisait ses premiers pas à Tempo Latino dès 1997. Rentré à Cuba en 2008, Raúl ne rate jamais l’opportunité de venir saluer le public de Tempo Latino. Il présentera son nouvel album autour de la musica campesina.

De Fatal Mambo à Orquesta Akokán, de Tito Puentes au Pacific Mambo Orchestra, les big bands ont toujours eu leurs entrées à Tempo Latino. Les derniers ayant fait sensation en 2022, ils seront de retour cette année et leur chanteuse Christelle Durandy est promue marraine du festival. Très attendue, la trompettiste néerlandaise longtemps installée en Colombie Maite Hontele présentera son projet mambo entourée d’une vingtaine de musiciens.

La surprise de cette édition viendra sans aucun doute de l’orchestre argentin de cumbia La Delio Valdez, une découverte à ne pas manquer, avant le grand retour de La 33, les chouchous des arènes. Une nuit de partage et de fiesta en perspective…

Un dernier conseil : Ne manquez pas dimanche après-midi le concert unique et exceptionnel que donnera Maite Hontele à l’église Saint-Pierre, accompagnée par le formidable pianiste cubain Ramón Valle.

Dans les archives du « Jazz et la salsa » | Free Jazz Man

Festival Tempo Latino : du 25 au 28 juillet à Vic-Fezensac (Gers)

Toros y Salsa rend hommage à son fondateur

En trois décennies François Charpentier a imposé Dax sur le circuit de la salsa mondiale avec une programmation souvent pointue et une carte blanche systématiquement donnée aux jam-sessions appelées descargas. La disparition à l’automne dernier du fondateur de Toros y Salsa laisse un vide immense. Cette édition lui sera dédiée.

Le Colombien Marcelo « Chelosaoko » Morales, ancien chanteur de la Succursal SA et figure de la scène barcelonaise, présentera sa nouvelle formation Afro Latin Jam All-Stars. On espère entendre l’album aussi excellent qu’introuvable « Estoy Gozando » sorti en 2023 tiré par un fabuleux Yango.

La seconde partie de soirée verra un concert rare avec la venue d’un vieux routier de la salsa new-yorkaise, le percussionniste José Mangual Jr, qui accompagna en son temps Willie Colón, Rubén Blades et Héctor Lavoe. Oui, madame !

Toros y Salsa poursuit l’œuvre de son créateur dans la plus pure tradition

On sera curieux d’assister samedi à la prestation apéritive, latin jazz comme de tradition, de la formation Viento Terral remarquée en 2016 avec l’album « Eh’Neeky ! ».

Le grand concert du samedi verra le retour à Dax des deux soneros Edgar Dolor et Orlando Watusi entourés d’un All-Star vénézuélien réunissant entre autres le parrain du festival Gerardo Rosales et Joachin Arteaga, directeur des célèbres Tromboranga.

La descarga finale du dimanche soir, orchestrée comme de coutume par Gerardo Rosales devrait voir converger l’ensemble des musiciens de l’édition autour du percussionniste vénézuélien Cheo Navarro pour un hommage festif et rempli d’émotion à François Charpentier.

Avec le soutien de son cofondateur Pascal Dagès, Toros y Salsa poursuit l’aventure. Quelle bonne nouvelle ! L’édition 2024 s’inscrit dans la continuité avec une programmation préparée de longue date par son créateur.

Festival Toros y Salsa : du 6 au 8 septembre à Dax (Landes).

Chucho Valdés célèbre le cinquantenaire d’Irakere

Le pianiste Jésus « Chucho » Valdés se distingue comme l’un des grands noms de la scène jazz contemporaine tout en étant une légende vivante de la musique cubaine. Au-delà du talent, son grand achèvement Irakere y aura grandement contribué. 2024 marque les cinquante ans de la création de la formation. Entre jazz et musique afro-cubaine, Irakere fut un laboratoire qui rencontra la reconnaissance internationale dès ses premières sorties de l’île, un incubateur aussi, qui révéla de nombreux musiciens emblématiques tels que Paquito D’Rivera, Arturo Sandoval, José Luis Cortés (précurseur de la timba avec NG La Banda) ou Orlando Maraca Valle, pour ne citer que les plus connus.

Une opportunité rare d’assister à la célébration d’un monument de la musique cubaine

Une décennie après une célébration qui donna lieu à un enregistrement récompensé par un Grammy, Chucho remet le couvert pour le cinquantenaire. Une occasion rare d’applaudir ces classiques de la main même du Maestro.

Si, par essence, l’exercice a tout pour être convenu, on peut espérer quelques effusions. Pour renouer avec le souffle d’Irakere, on retrouvera Osvaldo Fleites (trompette), Eddy De Armas Jr. (trompette), Carlos Averhoff Jr. (saxophone ténor), Luis Beltran (saxophone alto), José A. Gola (basse), Horacio El Negro Hernandez (batterie), Roberto Vizcaino Jr. (percussions) et Ramón Alvarez (voix). Arturo Sandoval sera là pour les aider. Que demande le bon peuple ?

Chucho Valdés : Irakere 50. Jazz à Vienne le 10 juillet, Jazz à Toulon le 26 juillet, Jazz In Marciac le 28 juillet, Fiest’A Sète le 30 juillet.

Dernier tour de piste pour le grand cabaret de Roberto Fonseca

Que Roberto Fonseca soit l’un des musiciens cubains préférés des festivals de jazz, l’affaire est entendue. Le registre de « La Gran Diversión » balayant de larges pans de la musique cubaine dans un esprit de continuité du Buena Vista Social Club (qui l’a révélé) devait lui assurer un succès populaire.

Un spectacle grand public à mettre entre toutes les oreilles

Pari gagné. Le parcours de La Gran Diversión est remarquable. Pour le troisième été consécutif on pourra applaudir aux quatre coins de l’hexagone (..) cette reconstitution d’un cabaret cubain. Une première année de rodage, une deuxième qui a vu la sortie de l’album, l’Olympia et Jazz in Marciac, la troisième marquant la fin de la tournée française, le North Sea Jazz Festival et l’EFG Jazz Fest de Londres.

A la fois festif et bien pensé, La Gran Diversión est un divertissement formidable, un florilège de musiques cubaines à mettre entre toutes les oreilles. Si vous ne deviez choisir qu’une seule de ces propositions, plongez sans aucune hésitation dans La Gran Diversión.

Jazz des cinq continents le 13 juillet, Jazz à l’Hospitalet le 17 juillet, Pleins feux le 20 juillet, Jazz sur un plateau le 21 juillet, Tempo Latino le 26 juillet, Festival Musicalarue le 27 juillet, Jazz en Touraine le 19 septembre.

El Comité, les super-héros du jazz afro-cubain

Pour tout connaisseur de la scène cubaine, la découverte il y a quelques années de la composition de ce Comité fut un choc : un casting puisé parmi les meilleurs sidemen de Cuba. Jugez par vous même. L’incontournable joueur de tumbadora Yaroldy Abreu, le percussionniste au CV long comme le bras Rodney Barreto, le génial contrebassiste Gaston Joya, les soufflants installés de longue date en Europe Carlos Sarduy (trompette) et Irving Acao (saxophone), le tout emmené par un duo de pianistes irrésistibles : Harold López-Nussa (depuis de nombreuses années reconnu) et Rolando Luna (de plus en plus). Notons au passage que Gaston, Rodney et Yaroldy ont fait partie des Afro-Cuban Messengers d’un certain Chucho Valdés…

La réunion explosive des cadors de la scène cubaine

Après un premier essai remarqué, le très groovy « Y que ? ! », El Comité revient avec « Carrousel » produit par Sébastien Vidal (TSF Jazz, Le Duc des Lombards) : un opus très différent du précédent, plus calme, plus cubain. Qu’importe ! El Comité sait tout jouer. Et avec une énergie folle. Cette version-là est plus propice aux descargas de tout poil. Désormais tous basés en Europe, ces prodiges se sont déjà taillé une belle réputation. On est impatient de les retrouver sur scène.

Jazz à Vienne le 10 juillet, Jazz à Juan le 11 juillet, Jazz In Marciac le 28 juillet, Jazz à La Villette le 5 septembre.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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