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Off d’Avignon: le théâtre des Lila’s dédie sa programmation à la création féminine

Seuls les projets portés par des femmes peuvent se jouer dans le petit théâtre de la rue Londe. Rencontre avec Christine Fernandez, la présidente.

Derrière la rue des teinturiers, ce chemin bien connu des pavés avignonnais où terrasses et théâtres se partagent l’espace, il y a la rue Londe. Plus intime, moins passante et pourtant riche en dramaturgie. Depuis 2015, une petite salle de 46 places cultive sous la climatisation une chaleur humaine entre les compagnies du festival Off, grâce à sa présidente, Christine Fernandez. On l’a rencontrée à l’ombre sur la petite place face au théâtre des Lila’s qui fait office de bureau, de salle à manger et de lieu de rencontre.

Christine Fernandez dirige le premier théâtre de la cité des Papes dédié à 100% à la création féminine. L’année dernière, metteuses en scène et auteures étaient les bienvenues. Cette saison, seules les auteures ont intégré la programmation des Lila’s. «Après le Covid, on s’est demandé comment faire pour résister au milieu du flot des salles parisiennes présentes ici comme la Scala, le 11 ou encore le Train Bleu», explique Christine Fernandez. «Il fallait trouver une spécialité pour donner plus de visibilité. On a hésité entre les contes ou les projets portés par des femmes», développe Romane Bernard. Cette jeune femme brune de 24 ans est productrice avec François Nouel de la l’entreprise Passageprod. Avant le Covid, sa compagnie était sur scène. Mais depuis deux ans, Passageprod s’occupe de la programmation du théâtre associatifSororité

Les cigales chantent, le mistral rafraîchit l’air et pour les trois prochaines semaines, huit spectacles pollinisent la programmation. Tous portent leur message engagé comme la bipolarité, les enfants victimes de violences sexuelles, ou encore les violences sexistes. Les compagnies s’alternent entre jours pairs et impairs. «Je suis vraiment fière de ma programmation», sourit doucement la directrice.

Romane Bernard affirme: «Par rapport à l’année dernière, nous avons vraiment davantage insisté sur l’idée de sororité et de collectif.» Le temps de prendre ses marques et d’aller au bout du geste, «d’apprendre à marcher finalement», s’accordent les deux femmes. Le théâtre a été créé en hommage à Lila Nett, une chorégraphe et danseuse américaine, lyonnaise d’adoption, qui a disparu avant d’avoir vu l’aboutissement de ce projet.

Christine Fernandez a beaucoup dansé avec elle quand elle valsait entre son métier de médecin et sa passion pour le spectacle vivant. De sa petite voix douce, elle regrette «qu’il n’y ait pas assez de danse dans la programmation». Mais la salle du théâtre des Lila’s est intimiste. Pas de scène surélevée, quelques rangs en pente mais surtout un espace de jeu restreint pour imaginer des chorégraphies.

Lundi politique

Pour compléter le programme des pièces engagées, l’équipe du théâtre a organisé cette année des lundis politiques. Le 8 et le 15 juillet, sur la place à l’ombre des pins parasols, des invités, des artistes, des associations viennent pour sensibiliser le public aux thématiques. «On n’a volontairement pas invité de politique parce que ce n’est pas le but, nous, on veut que le public soit conscientisé», déclare Romane Bernard.

Dans un rapport de l’observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et la communication de 2024, c’est 34 % de femmes auteures programmées dans les théâtres contre 21 % en 2018 d’après le Haut conseil de l’égalité. Les deux femmes se rejoignent sur un point : «Il faut donner davantage de visibilité aux projets portés par les femmes qui ont souvent plusieurs casquettes : auteures, metteuses en scène, et parfois même comédiennes.»

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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