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Philanthropie : le boom et les nouvelles tendances des fondations et fonds de dotation

L’essor des fondations et des fonds de dotation est tout à la fois récent et spectaculaire : plus de 5 600 de ces organismes de mécénat à but non lucratif étaient en activité en 2023. Leur nombre a progressé de 5 % sur un an, et de 85 % sur dix ans, précise le Baromètre de la philanthropie, publié mercredi 19 juin par la Fondation de France. Quant à leurs dépenses, dévolues à des causes d’intérêt général, elles ont presque doublé entre 2014 et 2022 (en neutralisant l’effet de l’inflation), pour atteindre 16 milliards d’euros.

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Leur dynamisme va de pair avec la hausse, depuis une vingtaine d’années, du mécénat d’entreprise et des dons, donations et legs des particuliers (en faveur des fondations et associations principalement), qui ont représenté, tous ensemble, 8,5 milliards d’euros en 2019, selon le dernier Panorama des générosités, publié en 2021. « Créer une fondation ou un fonds de dotation marque un niveau d’engagement différent des dons ponctuels, explique Anne Cornilleau, responsable des études à l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France. Il s’agit d’affecter des sommes importantes, sur plusieurs années, soit en finançant son propre projet d’intérêt général – comme un musée, une maison de retraite… –, soit, dans 81 % des cas, en soutenant des projets externes, en proximité voire en coconstruction avec les associations qui les mènent. »

Les organismes qui connaissent la plus forte croissance sont les fondations abritées – qui bénéficient de l’expertise et des avantages de leur fondation abritante, dont la principale est la Fondation de France –, ainsi que les fonds de dotation. Ceux-ci, qui ne datent que de 2008, ont l’avantage de pouvoir être créés sur simple déclaration en préfecture, avec un capital initial de 15 000 euros, alors que la plupart des fondations nécessitent une dotation supérieure. « L’évolution du cadre juridique et fiscal, notamment par la création de statuts variés depuis trente ans, a permis à différentes envies d’agir de se concrétiser, et donc à la philanthropie de se développer », décrypte Anne Cornilleau.

Action sociale en tête

Parmi les créateurs, les particuliers et les familles restent le profil majoritaire (52 %) mais de façon moins marquée qu’avant 2010 (65 %). Les entreprises progressent : elles ont pris part à la création de 30 % des nouveaux fonds de dotation et fondations en 2022 (contre 21 % avant 2010), suivies des associations, dont la part est passée de 14 % à 21 %. « Pour les entreprises, une fondation ou un fonds de dotation est aussi une façon d’engager leurs salariés : ils vont pouvoir participer à la gouvernance et à la sélection des projets à soutenir, faire du mécénat de compétence… », constate la responsable des études.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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