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Qui est Poupette Kenza, l’influenceuse mise en examen et incarcérée pour «tentative d’extorsion en bande organisée» ?

Cette mère de famille de 24 ans, qui filme constamment son quotidien, a été mise en examen en France pour «tentative d’extorsion en bande organisée» et «association de malfaiteurs».

Elle dit fièrement «ne pas travailler avec les juifs», filme son mari en train d’agoniser et crée des cagnottes pour le moins douteuses. Pour les spécialistes de l’influence, les polémiques autour de l’influenceuse française Poupette Kenza, la plus suivie de Snapchat dans le pays, se comptent par dizaines. Mais cette-fois, un nouveau cap semble avoir été franchi par cette mère de famille de 24 ans. Kenza Benchrif de son vrai nom, a été interpellée en France jeudi 4 juillet dans l’après-midi, alors qu’elle venait assister au mariage de sa meilleure amie à Rouen, révèle Le Parisien. D’après le journal, la jeune femme serait depuis dimanche en détention provisoire, après une mise en examen pour «tentative d’extorsion en bande organisée» et «association de malfaiteurs», dimanche.

L’influenceuse fait l’objet d’une plainte, depuis le 23 février 2024, d’un couple qui a «fait l’objet de diverses surveillances (physiques, implantation de mini-caméra aux abords de leur domicile et balise GPS placée sur leur véhicule) et a été physiquement menacé sous condition de remise d’une somme de 200.000 euros», selon un communiqué du procureur de la République de Rouen Frédéric Teillet. D’après le récit de l’influenceuse, entendue par la police, un couple lui aurait dérobé 350.000 euros. Pour récupérer cette somme, elle aurait alors fait appel à un entremetteur. C’est ce même couple qui aurait été physiquement menacé par un individu «leur réclamant 200.000 euros», explique le parquet de Rouen.

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Un entremetteur pour «récupérer 200.000 euros»

Confiée à la direction interdépartementale de la police nationale de Rouen, l’enquête a permis de retrouver l’auteur présumé des faits. Cet entremetteur, qui prétend s’appeler «Amadou» selon Le Parisien, a fini par être arrêté par les enquêteurs. Il aurait déclaré travailler avec une «influenceuse résident à Dubaï et agir comme intermédiaire». Les enquêteurs ont remonté la piste de Poupette, qui réside depuis plusieurs mois maintenant à Dubaï. Elle a été identifiée comme «donneuse d’ordre dans ce dossier.» Pour éviter une fuite vers l’étranger, le parquet de Rouen comme le juge d’instruction ont demandé son placement en détention provisoire. Son compagnon et ses deux jeunes enfants sont actuellement toujours à Dubaï.

Elle a également été entendue sur une procédure visant des pratiques commerciales trompeuses dans le cadre de ses activités d’influenceuse et n’a pas souhaité répondre aux questions, selon le parquet. «Madame Kenza Benchrif réserve ses explications à la justice (…) et ne souhaite pas transformer cette procédure en un pugilat médiatique qui nuirait à la sérénité de l’information et à la recherche de la vérité», indiquent dans un communiqué les avocats de la jeune femme, Mourad Battikh et Jérémy Kalfon.

Polémiques multiples

Ces derniers mois, Poupette Kenza, suivie par 1,1 million de personnes sur Instagram et 1,3 million sur TikTok, n’a cessé de faire parler d’elle. Le 16 mai dernier, dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, l’influenceuse enflammait la Toile en déclarant ne pas travailler «avec les juifs». Selon nos informations, la jeune femme avait par la suite suspendu d’elle-même son compte Instagram où elle avait pris la parole. Avant finalement, de le réactiver comme si de rien n’était quelques semaines plus tard. «Elle n’a pour l’instant pas dépasser les limites qu’Instagram imposent avant de suspendre définitivement un compte», confiait à l’époque une source proche du groupe Meta (Facebook, Instagram).

Son prénom, devenu commun dans les mots-clefs en tendance sur X, a encore fait parler la semaine dernière. Lorsqu’elle a filmé sur Snapchat et Instagram son mari en train d’agoniser pendant une crise d’épilepsie. Le tout sans appeler, à un seul moment, les secours. Une séquence perçue comme lunaire par les internautes.

En août dernier, il était aussi reproché à Poupette Kenza, par la Répression des fraudes, d’avoir fait la publicité d’un blanchisseur de dents interdit à la vente en France, le tout sans indiquer qu’il s’agissait d’une publication commerciale, pour laquelle la marque la rémunérait. En plus de l’amende à régler, l’influenceuse devait également publier sur ses réseaux sociaux, pendant trente jours les raisons de la sanction, le tout accompagné du logo de la Répression des fraudes. «Le pire, c’est que c’est une amende, tu es obligé de la payer sinon tu vas en prison», poursuivait-elle sur son profil.

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Soupçons de maltraitances infantiles

Un mois avant, elle racontait dans une vidéo sa «vérité», à propos de soupçons à son égard sur des faits de maltraitances infantiles sur son fils âgé d’à peine an. « Je fais cette vidéo parce que je vous dois des explications, je les dois à personne d’autre, hormis à vous», explique l’influenceuse au début de cette vidéo, disponible sur sa chaîne YouTube. Les larmes aux yeux, la jeune femme commence alors à décrire comment, au début du mois de février, elle a été placée en garde à vue. À l’origine de l’affaire, son petit garçon hospitalisé pour une blessure à la tête, dont l’influenceuse montre les moindres détails dans une série de «snaps».

C’est à l’issue de cette hospitalisation qu’une enquête est ouverte pour «soupçons de soustraction par le parent d’un enfant mineur sans motif légitime à ses obligations légales compromettant sa santé, sécurité, moralité ou son éducation», rapporte le média local Actu76. Plusieurs internautes ont signalé ces vidéos mais aussi des plus anciennes. Les exemples cités voire illustrés s’accumulent, sur l’une, la mère de famille écrase la main de sa petite fille en présentant des chaussures, sur d’autres, elle la met en scène pour promouvoir des produits intimes. Lorsque ça n’est pas sa fille, les internautes s’affolent, cette fois, de voir la jeune femme éplucher des légumes, un couteau de cuisine à la main et son nouveau-né dans l’autre.

Poupette Kenza se défend, elle, d’être une bonne mère. D’abord dans l’émission «TPMP» sur la chaîne C8 puis sur YouTube. Et dans les commentaires de la fameuse vidéo qui totalise 2,5 millions de vues, «les poupettes» multiplient leur soutien à l’influenceuse. « Je m’inquiète pour toi», «tes passages en larmes m’ont ému» ou encore « je souhaite à vos enfants, votre famille et vous-même de trouver l’apaisement».

Les «poupettes», une communauté dévouée

Ce soutien perdure, même lorsque les députés Bruno Studer et Sarah Tanzilli saisissent le procureur de Rouen en mai dernier, pour diffusion d’images de ses enfants s’apparentant à de la pédopornographie. Et se poursuit, malgré les révélations, il y a un mois de l’association Atlas Kinder, qui accuse dans un premier temps Poupette Kenza d’avoir fait la promotion d’une cagnotte destinée à l’un de leurs orphelinats au Maroc sans verser l’intégralité de la somme récoltée, estimée à 200.000 euros. Les deux parties finissent finalement par trouver un accord et l’association a confirmé début juillet ne plus vouloir poursuivre Poupette Kenza et sa cousine Soukaïna, en justice. Mais des soupçons perdurent concernant l’association Bel Niya, avec qui l’influenceuse rouennaise s’était associée pour promouvoir la cagnotte.

Poupette Kenza justement ne manque jamais de donner sa version des faits aux poupettes, à grand renfort de vidéos face caméra et de déclarations écrites. Même lorsque le rappeur Booba la traite «d’influvoleuse» sur Twitter, la jeune femme répond par une vidéo sur TikTok où elle pose face à la mer avec, en commentaire, la phrase suivante : « Ma question préférée : qu’est-ce que je vais faire de tous ces haineux ?». Et en fond sonore, elle reprend un son… du célèbre rappeur. «Ma star», répondent simplement les poupettes, fascinées par son cran.

Cet engagement sans failles de sa communauté est l’une des forces de la créatrice de contenus. Un succès qu’elle doit à son quotidien de mère de famille, raconté en détail sur les réseaux sociaux où elle ne cache rien : ses moments avec sa fille Seyana et son fils Khalis, l’envie de pleurer en voyant sa montagne de linge, sa séparation toute récente avec son mari Allan. Ce naturel désarmant plaît respectivement à plus d’un million de personnes sur Snapchat dont elle est l’influenceuse française la plus suivie, 979.000 sur Instagram et 800.000 sur TikTok.

Association avec des marques diverses et variées

Une audience massive, qui lui permet de s’associer à des marques diverses et variées comme la Sugar Factory Donuts, la Parisienne K boutique ou la marque de thés amincissants Wandernana. Quitte à parfois faire la promotion de produits douteux, voir interdits en France, «comme des bandes de blanchissement dentaire», prend pour exemple le collectif d’Aide aux victimes d’influenceurs (AVI). « La majorité de sa communauté à moins de 25 ans et prend pour argent comptant tous ce qu’elle dit et propose», poursuit ce dernier.

Cette jeune cible, difficile à atteindre pour les marques et institutions, permet même à la jeune femme d’être invitée au festival de Cannes en mai dernier. Un moment que l’influenceuse ne manque pas de partager à sa communauté, qui vit cette ascension par procuration. « Peu importe si personne ne m’a calculé face à Carla Bruni juste devant moi, je l’ai fait, mon rêve est devenu réalité, c’est GRÂCE À VOUS», écrit-elle sous une photo de sa personne vêtue d’une immense robe jaune, grimpant les marches mythiques.

Cyberharcèlement

Son public galvanisé est conquis de la voir remonter la pente à chaque polémique. Ravi, également, de pouvoir l’aider et attaquer sans réfléchir les cibles désignées par l’influenceuse. Ainsi, une partie de sa communauté n’hésitera pas à «pourrir» la page Google du CHU de Rouen, signaleront certains internautes, captures d’écran à l’appui. Ces dernières montrent des messages «courage à Poupette» postés en masse, avec une seule étoile attribuée à l’hôpital.

Pendant un mois, c’est au tour de l’association Atlas Kinder de faire les frais de cette communauté pour le moins «dévouée». Lors d’un direct diffusé sur Instagram, l’influenceuse demande à l’orphelinat des comptes et ni une, ni deux, ses «poupettes» se chargent de réclamer justice. «L’orphelinat a reçu des coups de fil menaçants et des personnes sont venues sur place, la famille qui s’en occupe est complètement déstabilisée», rapporte l’AVI, qui a aussi récolté un grand nombre de signalements de la part de donateurs, se considérant floués par l’influenceuse.

« Nous avons affaire à des influenceurs qui pendant très longtemps n’ont pas eu de comptes à rendre à la justice, donc ils sont persuadés d’être intouchables», juge un proche de la députée Sarah Tanzilli, cyberharcelée également après avoir saisi le procureur de Rouen. Cette dernière, interpellée par la vie filmée sans interruption ou presque des enfants de Poupette Kenza, souhaite mieux encadrer le droit à l’image des plus jeunes. Notamment via la nomination d’un tiers par un juge aux affaires familiales, pour autoriser la publication des photos d’un enfant «lorsque ses parents ont manqué à leurs responsabilités», insiste la députée auprès du Figaro.

Contactée par Le Figaro, Kenza Benchrif n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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