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Le vaisseau Starliner de Boeing s’est amarré à l’ISS malgré trois fuites d’hélium et des problèmes de propulseurs

Le vaisseau Starliner de Boeing, qui transporte pour la première fois deux astronautes, s’est amarré à la Station spatiale internationale jeudi 6 juin, une étape cruciale franchie malgré des problèmes rencontrés sur le système de propulsion de la capsule peu avant la manoeuvre.

Cette mission, attendue depuis des années, représente un enjeu majeur pour le géant aéronautique et la Nasa.

L’agence spatiale américaine a commandé il y a dix ans aux entreprises américaines Boeing et SpaceX deux nouveaux véhicules pour acheminer ses astronautes jusqu’à la Station spatiale (ISS). Si SpaceX joue déjà ce rôle de taxi spatial depuis quatre ans, le programme de Boeing a lui pris des années de retard.

Cette première mission avec équipage pour Starliner vise à démontrer que le véhicule est sûr pour commencer ses opérations régulières.

Après un décollage de Floride la veille, le vaisseau s’est doucement approché jeudi de l’ISS, qui évolue à 400 km au-dessus de la Terre et file à environ 28 000 km/h. L’amarrage a eu lieu à 17 h 34 GMT (19 h 34 heure de Paris), soit environ une heure et vingt minutes après l’horaire prévu initialement.

Des problèmes sur certains des propulseurs du vaisseau, utilisés pour réaliser de petits ajustements de trajectoire, ont retardé l’approche finale.

Jusqu’à cinq de ces petits propulseurs, sur 28 au total, ont fait défaut à un moment donné, a expliqué une commentatrice lors de la retransmission en direct de la Nasa. Mais quatre ont finalement pu être remis en fonctionnement, fournissant ainsi le nombre nécessaire pour l’opération.

Les astronautes de la NASA Sunita Williams et Barry Wilmore.

L’écoutille du vaisseau sera bientôt ouverte, permettant aux astronautes Butch Wilmore, 61 ans, et Suni Williams, 58 ans, de pénétrer à l’intérieur de l’ISS. Ils y seront accueillis par sept personnes déjà à bord du laboratoire volant.

Trois fuites d’hélium

Les deux astronautes doivent passer un peu plus d’une semaine dans l’ISS, avant de revenir sur Terre toujours à bord de Starliner.

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Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Nasa avait annoncé que deux nouvelles fuites d’hélium, en plus d’une préalablement connue, avaient été détectées en vol sur le vaisseau.

Ces fuites ne représentent pas « un danger pour la sécurité de l’équipage et du vaisseau, ou pour la mission », avait déclaré Jim May, un responsable de chez Boeing, dans un message relayé jeudi matin par le géant aérospatial.

L’une des fuites, située sur l’un des propulseurs du vaisseau, avait été identifiée avant le décollage. Il avait alors été décidé de ne pas la réparer, car après analyse la Nasa l’avait qualifiée de « petite » et estimé qu’elle ne représentait pas de danger.

L’hélium n’est pas un gaz inflammable, mais il est utilisé pour le système de propulsion du vaisseau. Il n’est pas clair dans l’immédiat si ces fuites étaient liées au problème de propulseurs rencontré juste avant l’amarrage.

Pilotage manuel

Le vaisseau vide avait déjà atteint l’ISS une fois en 2022, mais c’est la première fois qu’il transporte des astronautes.

Butch Wilmore et Suni Williams se sont chacun déjà rendus deux fois dans l’ISS par le passé et s’entraînent depuis plusieurs années pour cette mission. Quelques heures après le décollage, ils ont temporairement piloté manuellement le vaisseau pour en tester le bon fonctionnement. « La précision est vraiment incroyable », avait déclaré Butch Wilmore, dans un enregistrement relayé par Boeing mercredi. « Même plus que dans le simulateur. »

« Les six premières heures ont été absolument fascinantes et au-delà de nos attentes », avait-il ajouté. « C’est juste un vaisseau extraordinaire. »

Le programme de développement de Starliner a été entaché de multiples déconvenues ayant entraîné des reports successifs. Boeing s’est ainsi fait battre par SpaceX, qui achemine déjà des astronautes vers l’ISS depuis 2020. Mais la Nasa souhaite disposer d’un deuxième moyen de transport afin de mieux pouvoir faire face à d’éventuels problèmes sur l’une des capsules ou situation d’urgence.

Lire la chronique | Article réservé à nos abonnés Starliner : « Pour Boeing, la série noire continue »

Le Monde avec AFP

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